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L'UNIVERSITE DE PARIS AU XVIè SIECLE
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LA COLLEGE DE POUILLERIE |
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e collège est selon, certains auteurs, la plus active des écoles parisiennes. Au début du 16ème siècle, il accueille dans ses murs le maitre de la logique déterminante, John MAIR, dont l'influence est importante. MONTAIGU domine ainsi son grand concurrent, le collège de NAVARRE. Un autre maître aura une influence prépondérante : c'est Jean STANDONK, un Hollandais, contemporain d'Erasme, qui apporte discipline de fer et grammaire latine. Le second est évidemment Noel BEDA, qui semble avoir trouvé (d'après Michelet) dans cette masse d'étudiants pouilleux et endoctrinés les fidèles défenseurs d'une certaine idée de la foi chrétienne. Un modèle Taliban chrétien. Enfin, Pierre TEMPETE, qui succéde à Noel BEDA fut sans doute le maître des études que connurent RABELAIS, CALVIN et LOYOLA. Un maître particulièrement renommé pour sa cruauté raffinée.Les élèves étaient soumis à un régime monastique ponctué de brefs temps de sommeil sur une couche dure, et suivaient une abstinence perpétuelle. Ils ne ne devaient "boire vin ni manger chair". La nourriture était constituée de fruits cuits, de légumes, de harengs et d'ufs. Beaucoup y laissèrent leur santé (CALVIN, en particulier) et certains, leur vie.
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ORGANISATION DES ETUDES
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a cloche sonnait à quatre heures du matin. Première leçon une heure après. A sept heures, la messe etait dite. Après la messe, on petit déjeunait de pain. De huit à dix heures, les cours de la Grande Classe se déroulaient, suivis d'exercices jusqu'à onze heures. A la fin du repas étaient lus les admonestations publiques, et annoncées les corrections. Les élèves soupaient ensuite à six heures. Après quoi, travaux puis prières à la chapelle. A neuf heures, sonnait le couvre-feu.
Les classes comportaient la chaire du professeur. Les étudiants s'asseyaient sur des bottes de paille qu'on nommait des " fouarres ".
Toute faute grave était punie du fouet. Pierre TEMPETE, ("horride tempestas") le maître des études, faisait merveille dans cette discipline. ERASME rapporte dans sa correspondance une séance mémorable où l'enfant est près de mourir . RABELAIS, parle de MONTAIGU comme un "collège de pouillerie".
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CRASSE ET CRUAUTE
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n mit de force dans la bouche de l'enfant une telle quantité d'excréments humains qu'il était contraint d'en avaler une bonne partie...L'enfant est ensuite suspendu tout nu à des cordes qui lui sont passées sous les aisselles, de manière à représenter l'ignominieux supplice du larron, le plus abominable de tous ceux qui sont pratiqués chez les allemands. Bientôt de tous côtés, les verges s'abattent cruellement sur le pendu jusqu'à le laisser pour mort. Car plus l'enfant protestait de son innocence, plus la torture redoublait d'intensité. Ajoute à ce tableau le personnage du tortionnaire, plus épouvantable peut-être que le supplice: des yeux de vipère, des lèvres minces et fripées, une voix aiguë comme celle qu'on attribue aux fantômes, le visage terreux, la tête de travers, des menaces et des injures que faisait sourdre en lui une magnifique poussée de fiel, on eût dit quelque Tisiphone..." ( ERASME )
" Trop mieux sont traités les forçats entre les maures et les tatares, les meurtriers en la tour criminelle, les chiens en votre maison, que les malotrus audit collège.." (RABELAIS.)
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MONTAIGU : MILICE DE L'ORDRE RELIGIEUX ? |
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es Cappets étaient donc réputés pour être entièrement soumis à leurs maîtres qui, il faut le rappeler, étaient aussi des pourvoyeurs de "bénéfices", c'est à dire de postes et de cures. L'apprenti théologien entrait dans une logique nepotique où il fallait faire les preuves de sa dévotion. C'est ainsi que Loyola, fut, dit-on, fouett é pour avoir refusé de participer aux manifestations organisées par Beda à l'occasion de la mutilation de la vierge en 1528. Il est vrai aussi que les étudiants à Paris se promenaient souvent armés. De là à dire qu'ils formaient une véritable milice de théologiens, c'est une affirmation que Michelet semble seul à défendre
Mais elle n'est pas infondée.
Tout était réuni pour faire des Cappets des sortes de Talibans Parisiens : Entière dévotion à une vision ultra-traditionnelle de la foi, discipline imposée par l'institution, violence ambiante, quasi-impunité du fait des privilèges universitaires qui leur permettent de n'être jugés que par un tribunal
d'universitaires. Et aussi le sentiment bien entretenu d'être les derniers remparts contre l'hérésie venue de l'Etranger.
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LES AUTRES COLLEGES |
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uste à côté de MONTAIGU se trouve le Collège du Cardinal LEMOINE, où grâce à LEFEVRE DETAPLES, Guillaume FAREL, le futur ami de CALVIN, originaire de Gap, prédicateur dans le groupe de MEAUX, obtiendra un poste de professeur de grammaire et de philosophie. Le Collège de SAINTE BARBE, qui se trouve en face de MONTAIGU est à l'opposé de celui-ci sur tous les plans. LOYOLA qui s'y installera y fera la connaissance de François XAVIER, et de Pierre FAVRE, avec lesquels il fondera un peu plus tard la Compagnie de Jésus ( les Jésuites).
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