|
|
|
|
|
|
|
|
LA REFORME
 |
|
 |
 |
|
EN FRANCE : LES "PAUVRES DE LYON"
|
|
|
|
ierre VALDES (ou Valdo), un riche bourgeois de Lyon, naît en 1140. D’un naturel religieux, il souhaite lire la Bible en français, et paye sur ses propres deniers une traduction réalisée par deux clercs. D’autres textes des Pères de l’Eglise suivent. Impressionné par la vie de St Alexis, il consulte un théologien sur la meilleure façon de gagner son salut. Celui-ci lui cite les paroles du Christ citées par St Matthieu sur le dépouillement des biens de ce monde pour les pauvres (Matthieu, XIX, 21). Valdès se défait de sa fortune en 1176 et fait voeu de pauvreté. Son exemple fait des émules, et il est vite suivi par d’autres lyonnais. Le groupe prêche dans les rues et fait d’autres adhérents. Le mouvement s’amplifie, devient une fraternité. Il est vite suspecté d’hérésie par la hiérarchie religieuse qui voit d’un oeil très critique cet appel à la pauvreté des origines de l’Eglise, et cette traduction en langage commun de l’Ecriture sainte, qui peut se médiatiser sans intervention cléricale. Le Pape Alexandre III reçoit Valdès au concile de Latran en 1179, et il est impressionné par ces précurseurs des Dominicains (pour le prêche), et des Franciscains (pour la pauvreté). Alexandre III voudrait en faire des prêcheurs anti-cathares et leur fournit une profession de foi acceptable par l’Eglise, rédigée en latin simple. Mais les compagnons de Valdès renâclent. Leur révolte sera sanctionnée par une condamnation pour hérésie cinq ans plus tard, le 4 novembre 1184. L’anathème Papal sera plus globalement lancé contre toutes les déviances crées par un peuple ignorant, qui n’a pas accès à la lecture et l’écriture. (contre les « patarins, humiliés, pauvres de Lyon, passagiens, joséphins, arnaldistes.. ») Les vaudois seront pourchassés et exterminés. Ils s’enfuieront vers les pays voisins, jusqu’en Bohème, Pologne, et Allemagne, où une loi de 1820 leur interdira d’utiliser encore le français. En Avril 1545 François 1er donne son accord pour un affreux massacre de femmes et d'enfants, qui le hantera jusque sur son lit de mort. Des communautés vaudoises se sont perpétuées en Italie, en Uruguay, en Argentine. Trois existent aux Etats Unis. Les autres se sont fondues au fil des siècles dans les Eglises protestantes de l'Europe du Nord.
|
|
|
A L'AUBE DE LA RENAISSANCE
|
|
|

'Eglise en France n'avait été que peu contestée avant la Réforme protestante. Le peuple français, assez religieux, suit sans sourciller son clergé et les dogmes enseignés par la hiérarchie. Les hérésies cathares et valdéistes sont perçues comme des sortes de sectes, des particularismes locaux (de langue d'Oc) qu'on avait eu raison d'extirper. C'est qu'on ne plaisante toujours pas avec la religion. En 1491, Jean STANDONCK, le principal de Montaigu avait réussi à convertir sur le bûcher un prêtre qui avait osé nier la " présence réelle". On avait exécuté un étudiant du Collège de Bourgogne, un certain Hémon de La Fosse, qui s'était jeté sur un prêtre officiant la messe en criant " Et durera toujours cette folie ! " . En ce début de la Renaissance, les abus et déviations des moeurs de l'Eglise ne choquent pas autant que son appât du gain et les multiples procès que les membres du clergé s' intentent entre eux avec l'argent des donateurs. La reprise en main par les autorités ecclesiastiques n'est pas toujours simple et sans réaction, comme en témoigne la résistance acharnée des Cordeliers et des Jacobins à Paris en 1501. Ces bons moines sont alors soutenus par 200 étudiants armés qui projettent de soulever la ville de Paris. Il faut alors faire intervenir le Prévôt et ses archers, enfoncer les portes, se battre contre les étudiants et expulser manu militari les religieux qui s'accrochent désespérément à la vie douillette qu'il avaient pu s'organiser au fil des ans.
C'est vers cette époque ( 1504 ) que deux soeurs Bénédictines de l'Abbaye de Montmartre accouchent au su de tous, et au grand scandale des populations. Malgré des abus aussi criants (!!!) Etienne PONCHER, le nouvel évêque de Paris doit batailler trois ans pour arriver à imposer la réforme de la congrégation de la Butte Montmartre.
|
|
|
LES BIBLIENS |
|
|

lu en 1502 l'Evêque Etienne PONCHER s'attaque à une réforme jugée nécessaire par le roi Louis XII en personne. Il va réformer l'Abbaye de St Germain des Prés qui élit à sa tête un brillant abbé tourangeau, Guillaume BRICONNET (1507). BRICONNET (illustration) va faire de son abbaye un véritable centre de formation et d'étude des langues anciennes, grec et hébreu, qui aboutit à un travail sur les Ecritures. Il fait appel à Lefèvre d'ETAPLES, un chercheur indépendant. La renommée de l'abbaye devient telle qu'un ce rcle de savants se groupe autour de Lefèvre d'ETAPLES secondé par VATABLE, qui est le spécialiste français de l'Hébreu. Guillaume FAREL, Guillaume BUDE, Gérard ROUSSEL, Louis de BERQUIN vont se connaître ou se retrouver dans ces conférences. L'une d'elle concerne l'étude des PSAUMES. Elle se matérialise sous la forme d'un livre publié en 1509 par Henri ESTIENNE ( Quincuplex Psalterium ). Succès. On comprend aussitôt l'effet démultiplicateur que procure ce nouveau média. Si LEFEVRE D'ETAPLE s'était contenté de conférences, il est évident que peu de choses seraient arrivées. Mais il renouvelle l'opération en 1512 avec l'Epitre de St PAUL, qu'il analyse à la lumière des méthodes utilisées par les HUMANISTES pour l'étude comparative des textes grecs et latins. Le scandale arrive finalement en 1521 avec l'affaire dite des "Trois Marie". LEFEVRE D'ETAPLE démontre que le personnage de MARIE MADELEINE est en réalité la synthése de trois figures féminines de l'Evangile, toutes trois appellées MARIE. Le livre est aussitôt condamné par la SORBONNE. L'Evêque PONCHER prend ses distances. La communauté s'était déjà séparée. BRICONNET nommé en 1516 évêque à MEAUX avait emmené avec lui les meilleurs éléments intellectuels du groupe parisien ( FAREL, LEFEVRE D'ETAPLE, et peut-être BERQUIN ) pour une expérience de terrain. Culte simplifié, suppression des invocations aux saints et à la vierge...cette réforme est menée avec succès et enthousiasme sous le regard bienveillant de Marguerite de NAVARRE, la soeur de François 1er, qui s'y intéresse de près. C'est un succès. Mais c'est d'un autre pays qu'arrive un vent de contestation bien plus puissant et radical.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
   |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|