LA REFORME

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HERESIES ET REFORMATION

Jusqu'à la Renaissance, l'Eglise romaine connait des crises périodiques de relâchement, qui se suivent généralement par de grands mouvements de correction, qu'on appelle des réformes ou réformations. Une ligne de conduite plus stricte, une liturgie modifiée, des hommes nouveaux tentent de corriger les erreurs ou le relâchement de la foi des clercs et des congrégations. On déplaçe, forme, révoque les individus récalcitrants et les opposants. L'initiative de ces "réformations" peut venir de l'autorité Romaine, de l'autorité royale, de Conciles mais aussi de certains individus ou groupe d'individus, qui pointent du doigt les erreurs ou le manque de foi de leurs contemporains et prêchent par leur exemple. C'est le cas de tout le mouvement franciscain, qui vit et prêche l'ascèse et la pauvreté "des origines". Les pratiques et la pensée religieuse chrétiennes se vivent au quotidien et ne peuvent rester figées pendant des siècles. L'Europe connaît ainsi des mouvements qui, sans avoir forcément un soutien populaire, remettent en cause pratiques et dogmes au nom d'une foi purifiée. Où se situe alors la limite entre mouvement de réforme et Hérésie ? La frontière peut paraître mouvante au vu de l'histoire religieuse. Les franciscains passèrent bien près du couperet. Cette frontière, elle réside principalement dans la force théologique de la remise en cause de la doctrine, dans son succès populaire (ou non) et , il faut bien le dire aussi, dans les protections dont disposent les tenants des thèses nouvelles. Sur le plan du droit Canon, l' hérésie est une condamnation officielle de la Papauté, éclairée par les spécialistes théologiens universitaires, décidée parfois à l'occasion d'un Concile. C'est ainsi que la Réforme Protestante du seizième siècle va d'abord prendre l'aspect d'une pensée rérormatrice locale, de caractère germanique, qui va progressivement se durcir et rompre avec Rome, passant du côté de l' hérésie. Mais cette hérésie-là va "réussir" en fondant sa propre Eglise, constituant alors un Schisme. Ses fondements théologiques sont-ils pour autant parfaitement nouveaux ? Pas exactement. La Réforme luthérienne a des antécédents dans l'histoire religieuse chrétienne.

WYCLIFF : UN CONTESTATAIRE D'ETAT

John WYCLIF naît en Angleterre vers 1324 à Hipswell et meurt le 31 Décembre 1384 à Lutterworth. Etudiant en Arts à l'Université d'Oxford, il passe ensuite à la théologie. Il fait parler de lui par ses libelles lorsque le Pape Urbain V demande au roi d'Angleterre sa part sur le tribut de Jean sans Terre. John WycliffS 'ensuit une polémique mercantile entre Edouard III et la papauté. Les opuscules ironiques de Wyclif font mouche. En 1372, il devient Docteur en Theologie et enseigne à Oxford. Il est envoyé à la conférence de Bruge (1374) comme expert au service de son roi, où il soutient l'argument théologique d'une soumission des intérêts matériels de l'Eglise à ceux de l'Etat. Cette "sacralisation de l'Etat" va dans le sens de la royauté et du pouvoir grandissant des Etats-Nations qui se constituent . Le roi ne l'oubliera pas et protégera Wiclif des attaques de Rome. Le Duc de Lancastre, frère du roi le soutient aussi avec son parti anti-clérical. L'Angleterre prend mollement parti dans la controverse qui suit le "Grand schisme d'occident" (l'existence de deux papautés concurrentes, dont une à Avignon) . Wyclif renvoie dos à dos les protagonistes Urbain VI et Clément VII, en dépréciant le rôle de la papauté, et préconise l'autorité des seules Saintes Ecritures. Mais il ne s'arrête pas là dans ses théories réformatrices anti-papales. C'est ainsi qu'il Il fait une distinction révolutionnaire entre une Eglise invisible (composée des âmes touchées par la grâce de Dieu), et l'Eglise visible (la masse des croyants menée par cette superstructure administrative apellée Eglise) il critique sa richesse , valorise la spiritualité individuelle, préfère la vie active à la vie contemplative (contre les moines) et celle du mariage sur la virginité. Wyclif va faire des émules avec le mouvement des LOLLARDS, prédicateurs pauvres, qui parcourent l'Angleterre en se réclamant de ses idées de révolte contre la hiérarchie de l'Eglise. Elles mènent à des soulèvements paysans qui préfigurent ceux d'Allemagne un siè!cle plus tard. Dès lors les idées Wycliffiennes sont jugées dangereuses par les autorités Anglaises. L'Université qui le soutient est réprimée, il est exilé à Lutterworth où il mourra deux ans plus tard. Condamné pour hérésie par le Concile de Rome et de Constance (1415) au même titre que Jean Hus, ses restes seront exhumés en 1428 pour être brûlés et dispersés. Mais ses écrits et sa pensée vont inspirer les grands mouvements réformateurs qui viennent par la suite.Son oeuvre se compose de plusieurs ouvrages : De domino divino (1375), De officio regis, De veritate scripturae (1378), De potestate papae (1379)

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