Crise de La PAPAUTÉ à la RENAISSANCE (3/7)


LA PAPAUTE AU XVIè SIECLE

deco
musique !

LEON X (1513 - 1521) suite

'est un pape rabelaisien et princier qui arrive donc au pouvoir le 11 Mars 1513. Un Pape de la DEPENSE. LEON X aime la musique, les arts, le théatre et la poesie. Le Palais Pontifical devient un immense Theâtre où il fait donner de brillantes représentations. De partout les artistes affluent vers Rome. On ne compte pas les hommes de lettres, les imprimeurs, les savants qu'il encourage et protège. A pleines mains LEON X déverse sur eux l'or, les titres, les emplois protégés. Peu de princes au monde auront été aussi chantés que lui. Car c'est un Pape gai et heureux, qui aime la vie de cour et aime partager son bonheur à la manière de François 1er. Prodigue et généreux, il donne tout autant pour son plaisir que pour les pauvres. Mais en deux ans le trésor amassé par Jules 2 est dilapidé. Dès 1515, les ennuis financiers du Pape commencent. Ils ne s'arrêteront plus. Trouver de l'argent devient alors une obsession. Et il faut en trouver à n'importe quel prix. Y compris des façons les plus discutables. On va tout vendre, y compris l'invendable, c'est à dire les âmes. Leon X crée de nouvelles dignités, de nouveaux offices à vendre. Grâce aux indulgences, l'Eglise vend partout de l'absolution et de la vie éternelle contre de l'argent. Y compris aux morts ! On a calculé que durant la durée de son office, Leon X va dépenser plus de 4,5 Millions de Ducats. Et il laissera un trou de 400.000 ducats à sa mort. Le Saint Siège est en état de banqueroute ! Mais sur le strict plan de sa mission, c'est un Pape correct, dont la foi et la réputation ne sont pas à mettre en doute. Son pontificat va pourtant être la cause de la révolte en Allemagne, avec les fameuses Thèses de Luther soutenues par un rejet visceral des Indulgences. Et sa bonhomie conciliatrice va l'amener à négocier avec les maîtres du moment, sans stratégie ou sans ligne définie. C'est ainsi qu'il cède au vainqueur de Marignan, et signe avec Duprat un Concordat qui dépouille l'Eglise de Rome de sa capacité de nommer toute la hiérarchie de l'Eglise de France. En échange de quoi, il récupère....de l'argent !

ADRIEN VI (1522 - 1523)

DRIEN VI prend la suite de LEON X, du 9 Janvier 1522 au 14 Septembre 1523. Né d'une humble famille d'Utrecht, en Hollande le 2 Mars 1459, il peut être considéré comme l'avant-dernier des "pontefice barbaro", ces papes "étrangers" qui terrifient les Italiens (le dernier étant notre contemporain, le polonais Jan Paul 2 ). Son père, un homme pieux meurt alors qu'il est jeune. Il est envoyé à l'école, puis entre, comme Erasme, chez les "Frères de la vie commune" . Pour finir, il s'inscrit à l'Université de Louvain où il est nommé Docteur en 1491 et devient vite un professeur renommé en théologie. Ses "Commentaires sur le Livre 4 des SENTENCES de Pierre Lombard " (1512) sont fameux et appréciés. C'est un homme pieux et de grand ascétisme. En 1506 il est choisi par l'Empereur Maximilien pour être le tuteur de son petit fils, le futur Charles Quint, alors âgé de 6 ans. L'influence qu'il aura sur le jeune garçon est grande. La plus importante, sera de lui transmettre une conception rigoriste de la foi catholique. Il fréquente les grands de son temps, civils ou religieux, et devient Pape par un vote à l'unanimité du Sacré collège. Mais la tâche qui attend cet homme de soixante trois ans est immense. Tout d'abord, il doit remettre de l'ordre dans les multiples abus de l'Eglise. Réformer la Curie, dont la corruption est un scandale permanent, remettre de l'ordre dans les comptes financiers, s'opposer à la montée irresistible de la Réforme allemande, sauver la chrétienté des ambitions turques, qui de Belgrade font des incursions jusqu'à Vienne, défendre Rhodes, le dernier bastion chrétien en méditérranée..
Son élève, devenu depuis Empereur, est enchanté de le voir à ces fonctions. Mais Charles Quint va devoir déchanter : Adrien veut garder sa liberté de mouvement et de décision. Cependant les évènements ne tournent pas en sa faveur : les princes chrétiens qu'il tente de mobiliser, ne font rien pour défendre Rhodes qui va tomber aux mains des Turcs le 24 Octobre 1522. La Curie résiste à sa volonté réformatrice, et les Protestants se moquent bien de Chierigati, son nonce qui tente de les apaiser. C'est avec un sentiment d'échec qu'il va mourir, épuisé et malade. Son tombeau se trouve à l'église Santa Maria dell' Anima, avec l'inscription funéraire suivante: " Pro Dolor ! Quantum refert in quae tempora vel optimi cujusque virtus incidat".

CLEMENT VII (1523 -1534)
lement VII, de son vrai nom Giulio de Medici naît quelques mois après la mort de son père, exécuté lors de la conspiration des Pazzi. Le jeune enfant est élevé par son oncle, Lorenzo le Magnifique.Clement VII Il est fait Chevalier de Malte et grand prieur de Capoue, et grâce à l'élection de son cousin LEON X à la papauté, devient un personnage important. Cultivé, respectable, travailleur, mais manquant de décision et de charisme, il est cependant élu Pape le 18 Novembre 1523, à la grande joie du peuple de Rome. Mais Clement VII doit affronter une situation délicate autant du point de vue religieux que politique, situation à laquelle il n'est ni préparé ni véritablement compétent. Et surtout, on peut dire que son irrésolution va systématiquement l'amener à composer avec le parti opposé à celui avec lequel il s'allie. C'est une erreur qui lui sera presque fatale, et va entraîner l'Eglise de Rome à tomber plus bas qu'elle ne fut jamais. Sur le plan diplomatique, il aurait été naturel qu'il s'allie avec Charles Quint, qui avait soutenu sa candidature à la papauté, mais à peine une année après avoir été élu, c'est en secret qu'il passe un accord avec le roi de France. La défaite des Français à Pavie ruine ses espoirs. Pourtant, il signe à nouveau un pacte avec la Ligue de Cognac le 22 Mai 1526 où on retrouve la France, Venise et Florence. Pour Charles Quint c'est une véritable provocation. Sans doute ce choix est motivé par un certain patriotisme, et par le désir d'éloigner Florence de la zone d'influence de l'Empereur. Celui-ci s'allie avec Colonna qui investit Rome et assiège le chateau St Ange (20 Septembre 1526). L'empereur désavoue Colonna du bout des lèvres. S'en suit une période de valse hésitation sur les alliances mouvantes, les fausses promesses du Pape, qui aboutissent à un traité avec l'Empereur obligeant Clement VII a payer 60.000 Ducats.
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