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LA MUSIQUE AU XVIè SIECLE
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LES STYLES DE CHANSONS (suite) |
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es chansons sont parfois si connues que les compositeurs leur écrivent des réponses : principe consistant à réécrire un texte qui débute par le dernier vers et se termine par le premier vers du modèle. Cest le cas de Doulce mémoire de P. Sandrin dont la réponse de Pierre Certon sintitule Fini le bien. (enregistrées par lEnsemble Clément Janequin, dir. D. Visse, Fricassée parisienne, Harmonia mundi, 1985 (HMA 1901174).
Dans le Tiers livre du Parangon des chansons de Jacques Moderne (Lyon, 1538), on trouve la chanson parisienne de Claudin de Sermisy (ou Pierre Sandrin ?) Si mon travail vous peult donner plaisir accompagnée de sa réponse lyonnaise de Pierre de Villiers : Le deuil issu de la joye incertaine
(Pierre Sandrin ou Claudin de Sermisy)
Si mon travail vous peult donner plaisir
Recepvant d’aultre plus de contentement
Ne creignez plus me faire des plaisir
Et en laisses à mes yeulx le tourment
Puisque du mal sont le commencement
C’est bien raison qu’ilz en souffrent la peine
Endures donc pouvres yeulx doucement
Le deuil issu de la joie incertaine
Ecoutez l'exemple n°3
( illustrés prochainement par un enregistrement original- financé par le Département du Rhône - NDLR)
Si le compositeur de cette chanson recherche la clarté grâce au fractionnement du discours de cette formulation, on voit apparaître vers 1530 un type décriture continue où les groupes dentrées se superposent par tuilages successifs, ne laissant place à aucune respiration syntaxique et constituant un continuum sonore. Ce style contrapuntique, caractérisé par les uvres de Nicolas Gombert sera à la mode dans les motets et chansons du milieu du XVIe siècle.
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LA CHANSON RUSTIQUE
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ême si l’essentiel de la musique de la Renaissance nous a été transmis par l’intermédiaire des oeuvres polyphoniques, il ne faut pas négliger l’importance des chansons populaires monodiques appartenant à la tradition orale. Un petit nombre seulement de ces " timbres " nous ont été transmis dans quelques manuscrits comme le chansonnier de Bayeux (BN MS 9346, éd. Gaston Paris et A. Gevaert, Chansons du XVe siècle, Paris, 1875, rééd. 1935). Ces monodies pouvaient aussi être intégrées à de savantes compositions, comme c’est le cas de Petite Camusette dont on connaît des versions parfois très ouvragées (I. Ockeghem [4 voix], Josquin Desprez [6 voix], A. de Févin [3 voix], A. Willaert [4 et 7 voix], T. Créquillon [6 voix]). Lorsque les compositeurs des années 1530-1540 les intègrent à la polyphonie, ils placent encore ces chansons à la partie de ténor, mais aussi, ils recherchent souvent à les intégrer à l’écriture en imitation.
Exemple sonore n°5 Petite Camusette dAntoine de Févin
( illustrés prochainement par un enregistrement original- financé par le Département du Rhône - NDLR)
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LES STYLES DE CHANSON
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urant le règne de François Ier, se développe un troisième style : la chanson narrative.
Clément Janequin (1485-1558) lui apporte la plus grande contribution en nombre et en qualité.
Celle-ci conserve la structure de la chanson de cour (reprise de la première phrase et répétition des deux derniers vers consistant souvent en un " bon mot ").
Il sagit de réaliser une véritable lecture musicale du texte littéraire dont le débit est souvent interrompu par des répétitions illustratives de mots ou de syllabes. Cest donc laspect rythmique qui domine ici. Ces chansons narratives constituent de véritables saynètes, elles sinscrivent dans la proximité du " réalisme grotesque " de Rabelais (Mikhaïl Bakhtine, L’oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen-âge et sous la Renaissance, Gallimard, Paris, 1970). Leurs sujets sont satiriques, érotiques ou paillards. La tendance descriptive trouve un point d’aboutissement dans les grands tableaux brossés par Janequin (La bataille de Marignan, La chasse, Le chant des oiseaux, Les cris de Paris?). Là, le dynamisme rythmique est mis à contribution pour décrire tantôt le chant des oiseaux tantôt les bruits de la bataille ; l’utilisation musicale du texte allant jusqu’à un abondant usage d’onomatopées.
La réussite des chansons de Janequin ouvre la voie à de nombreux imitateurs comme G. Coste, qui semble avoir été actif à Lyon.
Exemple sonore n°6 : Celle fillette à qui le tétin point
( illustrés prochainement par un enregistrement original- financé par le Département du Rhône - NDLR)
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