La MUSIQUE au 16ème siècle (2/6)


LA MUSIQUE AU XVIè SIECLE

deco
musique !
LE SYSTEME RYTHMIQUE
u XVIe siècle, on utilise la notation blanche de forme carrée. Les notes portent les noms de :
maxime, longue, brève, semibrève, minime, semiminime, fuse
Les rapports des valeurs rythmiques entre elles portent des noms spécifiques : mode, temps, prolation et ils sont idépendants comme le montre le tableau ci-dessous qui donne aussi (colonne de droite) l’indication de mensuration :
systeme rytmiques de la musique renaissance
Maximilien Guillaud, Rudiments de musique practique, Paris, Du Chemin, 1554
Le rythme est soumis au tactus, repère régulier correspondant à un geste de la main. Au XVIe siècle le tempo n’est indiqué de façon précise, il se réfère à la durée de la semibrève. Le temps imparfait diminué (¢)est le plus fréquent, il correspond à une accélération du tempo, mais à la fin du siècle, le temps imparfait (c) réapparaît.

LE CONTREPOINT

u Moyen-âge et à la Renaissance, l’éducation des chantres a pour base le chant grégorien monodique. Mais c’est dans le but de diversifier et de rendre plus fastueux le chant des fêtes solennelles que l’on a pris coutume de l’interpréter en polyphonie. Tout d’abord de façon parallèle (fin du IXe siècle), puis en composant une véritable voix ajoutée (organum, de l’École Notre-Dame au XIIe siècle). Celle-ci devait être conçue de façon à bien sonner avec la voix principale grégorienne. Cet art de " consonner "réclama la constitution d’une nouvelle technique, discipline savante de combinaison des sons appelée contrepoint (" punctus contra punctum "). Par la suite (XIIIe, XIVe siècles) la polyphonie toucha aussi le domaine de la chanson profane. Elle gagna aussi en complexité avec l’ajout d’une troisième et d’une quatrième voix. Il a alors fallu perfectionner la notation musicale afin de noter plus précisément les rythmes (Philippe de Vitry, Ars nova [notandi], c. 1322). La polyphonie permit au XVe siècle des créations à l’architecture monumentale (motets isorythmiques et messes de Guillaume Dufay puis Johannes Ockeghem). La perception de ces œuvres réclame la conscience de la simultanéité des lignes mélodiques autonomes sur les plans rythmiques et mélodiques, mais tout de même conçues de façon interdépendantes.
Ce n’est qu’à la fin du XVe siècle que la polyphonie atteindra un point d’équilibre entre la linéarité et la perception verticale (harmonique) des sonorités. Cet art a été initié par la manière anglaise (Dunstable) puis surtout franco-flamande, représentée par cinq générations de compositeurs, originaires des anciens Pays-bas (actuellement les Pays-bas, le Luxembourg, la Belgique et le nord de la France).
Josquin Desprez (c.1440-1521) et ses contemporains vont ainsi procéder selon une technique nouvelle consistant à concevoir la polyphonie dans une globalité horizontale et aussi verticale. De plus, celle-ci répond à une définition syntaxique en lien avec le texte littéraire. Ce contrepoint tendra à éviter les aspérités pour trouver un style harmonieux (euphonique) qui se doublera parfois d’une virtuosité technique sans précédent. (Ignace Bossuyt, De Guillaume Dufay à Roland de Lassus, les très riches heures de la polyphonie franco-flamande, Éditions du Cerf, Paris, 1996).

© Jean DUCHAMP
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