Lyon Capitale de la Renaissance Française (2/2)


LYON AU XVIè SIECLE

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PAUVRETE URBAINE
distribution de nourritureourtant l'écart entre la bourgeoisie et les autres couches de la population se fait de plus en plus important. La pauvreté prend dans les villes du 16ème un caractère organique, presqu' institutionnel. C'est comme une sorte de maladie impossible à prévenir. Mais les nantis ont conscience qu'il faut s'en protéger, en l'atténuant éventuellement.
EN 1531, au début MAI, il y a encore près de 8.000 pauvres dans la ville de Lyon. Plus d'un habitant sur dix. Il n'est donc pas étonnant que dans de telles conditions les révoltes aient été des évènements possibles. Et c'est ce qui arrive en 1529 avec la Grande REBEYNE (révolte). Il n'est pas improbable que notre moine Rabelais ait pu être présent au moment de son déclenchement, puisqu'il s'inscrit aux cours de Médecine de Montpellier à peu de chose près à cette époque.

LA GRANDE REBEYNE

ela ne pouvait se produire qu'au pays de RABELAIS ! Le déclencheur de cette fameuse révolte des pauvres de Lyon qui fit des dizaines de morts dans la répression qui suivit, eut comme motif une affaire de taxation...du VIN !. C'est dire l'importance de cette chère, trop chère "purée de septembre" dans la vie courante des pauvres (comme des riches) de cette époque. C'est Symphorien CHAMPIER, médecin aussi renommé que RABELAIS, qui joignant à ses activités d'humaniste des fonctions municipales fit adopter ce nouvel impôt. Sans doute avait-il remarqué l'état d'abrutissement auquel la boisson amenait certains de ces compatriotes . Le médecin en lui fut plus fort que l'élu municipal ? Il paya cette bévue politique par la mise à sac et l'incendie de sa propre maison. En faisant quelques années plus tard l'éloge de la Dive bouteille aux Lyonnais (et aux autres), Rabelais ne pouvait que plaire à son public.
Il faut signaler que la fiscalité urbaine était essentiellement une fiscalité de marchands qui préféraient aux droits d'entrée sur les marchandises, les "deniers mis sis , ou droits d'entrée sur les vivres. Les octrois sur les vins, sur les blés, retombaient beaucoup plus lourdement sur les artisans qui avaient des compagnons à nourrir et, évidemment, sur le menu peuple, que sur les riches.
Toujours est-il que la révolte éclate et les insurgés s'attaquent surtout aux biens des bourgeois de la ville. Le pillage est génral, des quartiers entiers brûlent. François 1er devra faire intervenir ses soldats pour faire revenir l'ordre. La "Rebeyne" sera matée, et une douzaine de participants seront pendus . Dorénavant, un corps d'armée de 3000 Lansquenets royaux cantonnera à Lyon en permanence .

L'AUMONERIE

n Mai 1531, le clergé informe les conseillers de la Ville qu'il ne pourra soulager le grand nombre de pauvres si " le corps de la ville n'y prend part ". 1531 est en effet l'année de la" grande chèreté", crise économique née de problèmes agricoles, en particulier de la récolte de blé.
L'idée d'une intervention laïque se faisait de plus en plus jour. L'humaniste espagnol VIVES qui l'encourageait avait publié son " De subventione pauperum " en 1525.
Ansi mis en garde, les bourgeois de Lyon prennent les choses en main. L' Aumône naît d'abord de façon temporaire en Mai 1531 pour résoudre le problème urgent de la crise agricole. Plus de 5000 pauvres sont nourris du 19 Mai au 9 Juillet 1531. 250000 livres de pain sont distribuées. Dépenses: plus de 10.000 Livres. L'allemand KLEBERGER à lui seul donne 500 Livres. Petit à petit, cette forme d'aide s'institutionnalise. Elle est reconduite les années suivantes : 14.351 Livres seront versées en 1550-1551, 45.837 Livres en 1573-74 . La vie des pauvres s'organise autour de la Charité publique. Mais il y a un revers. Considérant qu'il vaut mieux nourrir un pauvre actif qu'improductif, l'Aumône place les enfants adoptifs comme ouvriers chez les premiers soyeux.
L'Aumône en vient même à des fonctions de police. Elle a sa prison, ses chaînes et ses colliers, pour " enchaîner les pauvres rebelles . ". " les marauds et enfans convalescens travaillent aux fossés de la ville ; les petits enfans masles et femelles sont nourris... et on leur fait apprendre un métier à chacun, d'où résultent la santé et la prospérité de la ville".

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