Martin LUTHER 1483-1546 - et le Protestantisme Allemand (3/5)

Luther adulte


MARTIN LUTHER
1483 -1546

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PREMIER CONFLIT

n Août 1514, Albrecht (Albert) de Brandebourg, archevêque de Magdebourg et administrateur du diocèse de Halberstadt est promu archevêque de Mayence. Pour couvrir les frais de son installation, il concède une indulgence pleinière (la rémission totales des péchés) contre de l'argent. La moitié des profits doivent lui revenir, le reste allant à Rome. Le dominicain Jean Tetzel, prédicateur de l'indulgence déclare qu'on peut absoudre même les morts, et que cette grâce ne nécessite pas une confession préalable ( Et on comprend pourquoi ! ). Le scandale éclate. Des Humanistes et des théologiens protestent : Jean Eyck, Jérôme Emser, Cochlaeus...et d'autes. LUTHER écrit à l'Archevêque le 31 Octobre 1517 en s'insurgeant contre cette pratique. Il y joint ses "Quatre Vingt Quinze thèses" qui portent sur les indulgences et demande qu'une discussion s'engage sur la légitimité théologique de celles-ci. On ne sait si elles furent réellement apposées sur l'Eglise de Wittemberg, mais il est un fait bien plus historique et efficace : elles sont imprimées à la fin de l'année 1517. Et c'est aussitôt le succès. L'archevêque le dénonce à Rome. Jean Tetzel réplique par un "Antithèses", mais peine perdue: les copies sont brûlées par les étudiants de Wittemberg.

L'HOMME DE LA SITUATION

uelques individus incarnent par leur pensée ou leurs actes un grand courant qui traverse les sociétés dont ils sont issus. On peut dire que Luther est de ceux là pour l'Allemagne. Mais au delà de l'émergence de l'idée de Nation Allemande, au delà de la réalité d'une pensée religieuse nouvelle, ce que manifeste le succès du schisme Luthérien, c'est une crise plus profonde qui touche l'organisation des sociétés occidentales par rapport à la conception Universaliste de l'Eglise Romaine. L'Eglise Catholique Romaine se conçoit comme porteuse d'un message qui s'adresse au monde, et l' héritière directe de l'Empire Romain. Or à Berlin comme à Londres ou à Paris, Rome à la Renaissance est ressentie comme un frein à l'expression d'une souveraineté nationale qui se cherche à travers une langue comme une religion. Incontestablement, LUTHER va profiter de ce courant , qui donne le Concordat en France, le schisme Anglican en Angleterre, et le schisme Luthérien en Allemagne.

LA RUPTURE AVEC ROME
n 1518 lors d'une réunion solennelle des Augustins à Heidelberg, LUTHER présente sa doctrine sur le péché et la volonté humaine. Le 30 Mai, il envoie une traduction Latine au Pape Leon X. Celui-ci lui demande de comparaitre à Augsbourg devant le cardinal Cajetan, son envoyé spécial. Le conflit théologique porte sur la septième de ses résolutions, selon laquelle la justification ne vient pas du sacrement, mais de la foi. LUTHER refuse. Il quitte Augsbourg dans la nuit du 20 au 21 Octobre et lance son "Appel du pape mal informé au pape mieux informé". Il rédige aussi un "Appel du pape au concile général". Le Prince Electeur Frédéric de SAXE le soutient, et refuse de le livrer à Cajetan avant qu'il n'ait été jugé par une université. Une seconde tentative de soumission a lieu avec un nouvel envoyé du Pape, Charles de Miltiz. Il tente d'obtenir l'appui de l'Electeur de Saxe par des cadeaux, puis il obtient de LUTHER qu'il écrive une lettre de soumission. Mais celle-ci ne comporte aucune rétractation formelle.
Le 27 Juin 1519 a lieu la "Dispute de Leipzig", lors de laquelle Jean ECK confronte son point de vue théologique avec celui de LUTHER, venu soutenir son ami Carlostadt. LUTHER rejette toute autorité, même celle du Concile et n'accepte plus que la BIBLE aidé de l'Esprit Saint. Le procès verbal de cette "dispute" est envoyé aux Universités de Paris (voir Noël BEDA) , Louvain, et Cologne. LUTHER est officiellement condamné . Mais il est soutenu par Ulrich de HUTTEN, chef des Humanistes allemands, et par les chefs de la chevalerie libertaire Frantz de Sickingen et Sivestre de Schaumburg. Le 1er Aout il publie son "Manifeste à la noblesse d'Allemagne sur la réforme de l'Etat chrétien" . Il est contre la distinction du clergé et des fidèles. Contre le privilège d'interprétation de la Bible aux seuls ecclésiastiques. Il affirme le principe du libre examen, et dénie au Pape le droit de convoquer des conciles généraux, considérant que c'est une prérogative des Princes (voir Papauté). Rome prononce sa sentence le 15 Juin 1520. Elle est publiée en Allemagne par Jean Eck. LUTHER publie "De captivitate Babylonica", un pamphlet anti papal . Le 17 Novembre 1520 il lance un "Appel au concile", puis le 10 Décembre, il brûle publiquement la bulle papale EXSURGE DOMINE, qui le condamne.
Le 3 Janvier 1521, LEON X l'excommunie.

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