Martin LUTHER - 1483-1546 - et le protestantisme Allemand (2/5)

Luther jeune


MARTIN LUTHER
1483 -1546

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musique ! musique !
UNE SITUATION PRE-REVOLUTIONNAIRE

n dessous, un prolétariat de curés survit misérablement et en est réduit à exercer divers métiers secondaires pour manger. On ne s'étonne donc pas que des idées socialisantes puissent naître dans l'esprit des campagnards et des artisans de cette époque. Il va s'en suivre des révoltes sanglantes qui prendront pour appui des idées proches des idées Luthériennes. Les paysans vont s'organiser en ligues (1524-25) et attaquer Monastères et Villes. Des citadins se réuniront en sortes de phalanstères mêlant utopie, religion et sexualité "libérée" (Les Anabatistes de Münzer et Stroch). Anarchie, Hérésie et Sexe ? Voilà qui va faire frémir d'horreur l'Europe du sud bien pensante qui réprime officiellement la sexualité . Si la Sorbonne condamne la verve Rabelaisienne en poursuivant (sans trop de zèle, car il est protégé) son auteur, là l'affaire est bien plus sérieuse: ce n'est plus de la littérature. Les Anabatistes, qui auront le tord d'exercer des exactions contre les représentants des idées anciennes et de l'ordre en général, vont devenir le repoussoir le plus efficace qui soit, l'argument asséné par les apôtres de la Contre-Réforme . Près de 5.000 d'entre eux seront exécutés. La révolution paysanne sera écrasée dans le sang par une ligue des Princes, et cette guerre fera en tout 100.000 morts.

BIOGRAPHIE

artin LUTHER naît à Eisleben, chef lieu du comté de Mansfeld le 10 Novembre1483. C'est un citadin, bien qu'il parle de ses racines paysannes. C'est son père qui est en réalité d'origine paysanne. Mais HANS LUTHER, un père probablement autoritaire, qu'on présente parfois comme simple ouvrier mineur, finit tout de même par réussir dans l'exploitation minière du cuivre au point de pouvoir offrir à son fils MARTIN l'éducation que lui-même n'a pas eu. Il l'envoie d'abord à l'école de Magdebourg, chez les Frères de la Vie Commune, puis à Eisenach. Le jeune Martin y développe une sensibilité religieuse. Tout comme le père de CALVIN, Mr. LUTHER père souhaite que son fils fasse du droit. Il l'envoie donc en 1501 à la faculté d' Erfurt afin de suivre une formation juridique. LUTHER en sort en 1505 avec le grade de Maître es Arts (voir Université). Un orage violent lors duquel il manque d'être electrocuté par la foudre joue le rôle de catalyseur. La mort est passée bien près de lui et cela le transforme. Pour faire son salut, il décide de se faire moine.

LUTHER MOINE
entre chez les ermites de St Augustin d'Erfurt et est ordonné prêtre en 1507. Il lui faudra cinq années de plus pour obtenir son doctorat de théologie. En 1510, sous le Pontificat de Jules II, il est envoyé à Rome pour une mission. Est-ce de cette époque que date sa rancoeur contre la Curie Romaine et ses abus ? Il le prétend.
Mais de retour à Erfurt, il fait carrière chez les Augustins, devient enseignant, et s'intéresse aux idées nouvelles des Humanistes concernant un retour aux textes d'origine. La Bible devient son livre d'étude et d'enseignement.

LA BIBLE COMME SOURCE DE FOI
n 1511 il est envoyé dans le nouveau monastère de Wittemberg afin d'enseigner puis de prêcher dans la ville (1514). Il utilise ce tremplin pour dire sa foi sur la base de l'analyse de ces sources bibliques, comme le font presqu'en même temps que lui les Bibliens français de l'Abbaye de St Germain, puis du cercle de Meaux (voir Réforme)
Mais chez LUTHER la Bible est aussi un élément de réponse à une recherche intérieure, recherche inquiète, sur le problème du Salut face à ses propres capacités. Ce doute en ses propres capacités est la source d'une évaluation différente de la Grâce Divine. Car pour LUTHER, l'homme se justifie par la foi, non par les oeuvres. Et son salut il ne le doit qu'à la grâce Divine. Cette pensée un peu sombre apparaît chez lui alors qu'il est encore au monastère, en 1515-1516. Notons que cette sévèrité coïncide avec la culture mythologique nordique dans laquelle hommes dieux et héros ne trouvent aucun salut si ce n'est dans une mort héroÏque au combat. Cet imaginaire tragique est à l'opposé de la légèreté de la mythologuie grecque, dans laquelle l'homme peut se moquer et se jouer des Dieux, ceux-ci pouvant pardonner et parfois même s'amuser à descendre sur terre en prenant une apparence humaine (pour séduire les hommes et les femmes, le plus souvent ).

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