Martin LUTHER - 1483-1546 - et le Protestantisme Allemand (1/5)

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MARTIN LUTHER
1483 -1546

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musique ! musique !
Eglise avait connu dès ses origines des courants schismatiques qui portaient sur tel point doctrinal, telle interprétation des Evangiles. La longue litanie de ces déviations fait d'ailleurs partie des anathèmes d'un théologien traditionnaliste tel que Noêl BEDA, accusant les Humanistes d'être des " Eudoméens, Sabelliens..."et autres qualificatifs obscurs et bien exotiques pour nous.
Mais en réalité, pour l'Eglise, rien de vraiment grave ne s'est passé depuis le grand schisme d'Orient (les Orthodoxes) et les "brebis" égarées sont soit systématiquement réduites par le feu (les Cathares, les Hussites, par ex.) ou soumises en réintégrant de force la bannière de Rome (les Juifs et Arabes d'Espagne) . La croix a fini par mater le glaive (La noblesse et les rois) dès le Moyen Age, et celui-ci s'est mis à son service pour pourchasser l'infidèle (les Sarrazins, le Turc ) ou l'insoumis (les Hérétiques).
Alors comment expliquer la réussite de Martin LUTHER ?
On peut y répondre de plusieurs manières. Par l'homme, par l'oeuvre et la pensée religieuse qu'elle met en avant, et par les conditions politico- religieuses qui étaient celles de l'Allemagne de la Renaissance.

UNE PAPAUTE CHANCELANTE

cette époque la baisse d'influence et l'autrorité chancelante de la Papauté est causée par les scandales moraux et financiers de la Curie Romaine (voir article Papapauté dans Religion ). Au 15ème siècle l'idée se fait jour que les conciles sont supérieurs en autorité au Pape. Cette conception qui court encore au 16ème a tendance à affaiblir la position de l'autorité de Rome . Mais qui veut comprendre le succès de LUTHER doit aussi saisir la situation particulière de l'Allemagne

LUTHER ET L'IDEE DE NATION
orcelée en de multiples entités, la "nation allemande" de la Renaissance n'existe que dans sa langue (bien qu'il y ait des différences importantes du nord au sud), par des traditions communes, dans une culture plus austère, une religiosité plus introvertie que la religiosité Italienne. Mais l'identité politique reste à créer. Faudrait-il voir dans l'adhésion massive à la pensée Luthérienne un désir informulé de cohésion nationale ? Pour le grand philosophe (Luthérien) de l'histroire que fut Hegel (1770-1831) Luther est bien le père de la Nation allemande. Il est vrai que LUTHER écrit en 1520 un appel " à la Noblesse Chrétienne de la Nation Allemande ". Mais le mot de Nation n'a pas le même sens que maintenant (par ex : Nations Unies) : la Nation n'est qu'un agrégat de populations (voir Universités) sans lien politique, qui parlent plus ou moins la même langue. Certes son discours contre l'Eglise Romaine est un pas important vers l'unité germanique. Tout comme sa traduction de la Bible en langue allemande qui sera le premier livre "national". Mais cela n'explique pas l' adhésion spontanée du peuple, car ses ouvrages concernent surtout les élites, ceux qui savent lire. Pour l'écrasante majorité des populations germaniques de cette époque, l'existence d'une "conscience nationale" comme motif du succès Luthérien est peu opérante. L'adhésion aux thèses Luthériennes est plutôt à rechercher du côté de l'expression d'un écoeurement spontané envers des prélats corrompus qui représentent l'Eglise catholique romaine, et plus inconsciemment celle du souhait de se démarquer d'une religiosité toute extérieure, à l'Italienne, qui ne correspond pas à la culture profonde de ces peuples. On peut dire en résumé que le luthéranisme n'est pas le produit de l'idée de Nation Allemande, mais que la "Nation" Allemande comme concept identitaire et politique est favorisée par les actes et les écrits de Luther. En cela , Hegel a raison. La Nation allemande se définit historiquement en premier par ce qu'elle n'est pas, ou ne veut pas.

UN HAUT CLERGE CORROMPU
ulle part ailleurs en Europe le clergé est plus riche et plus corrompu qu'en Allemagne. Ce clergé possède à lui seul plus d'un tiers des biens des Etats allemands. Une Eglise nouvelle qui prône le dépouillement matériel a, au demeurant, de quoi attirer bien des intérêts, dont ceux des Princes un peu désargentés. Il y aura des ralliements parfaitement calculés à la cause Luthérienne . Mais pour l'heure, les prélats mènent une vie de luxe insolent, tout en ignorant les lois du célibat. Le Prince Evêque de Spire est un homme de guerre. HERNAN de WIED, Electeur de Cologne n'a dit la messe que trois fois dans sa vie. A 13 ans, GEORGES DE BAIERE possède les Canonicats de Mayence, de Cologne et de Trêves, l'évêché de Bruges etc..

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