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FRANCOIS 1er 1494 -1547

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DES PASSIONS AMOUREUSES FUNESTES |
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e Maréchal de Tavannes disait du Roi : " Alexandre voit les femmes quand il n'a point d'affaires, François voit les affaires quand il n'a plus de femmes". Les premières femmes à la cour de France seront Bretonnes, toutes venues dans la suite d' Anne de Bretagne. Depuis l'avènement de François, et la rivalité entre Anne et Louise, ce n'est pas ce qui manque dans l'entourage du Roi. D'ailleurs un aréopage de prostituées officielles fait le bonheur des courtisans, et envoie le plus diplomatiquement du monde ses meilleurs voeux chaque année à leur souverain et maître. Le Roi est d'abord marié à Claude de France, qui l'aime sincèrement et qui est peu payée de retour. Celle-ci meurt à l'age de vingt-quatre ans. François se remarie alors avec Eleonore d'Autriche, soeur ainée de Charle Quint et veuve de Manuel 1er du Portugal. Ce mariage est organisé comme une des clauses du Traité de Madrid, suite à l' emprisonnement de François 1er par l'Empereur, et par lequel il recouvre sa liberté. Aucun enfant ne naîtra de ce second mariage. Mais c'est hors mariage que le roi connaît des passions amoureuses. Avec sa première maîtresse, Françoise de CHATEAUBRIAND il vit un amour orageux qui finit dans l'amertume et la brouille. Elle a trente ans lorsqu'il la quitte pour Anne PISSEULEU, qu'il fait Duchesse d'Etampes. Celle-ci en a dix sept, et c'est une des suivantes de la reine mère, Louise, qu'on soupçonne fortement de l'avoir poussée dans les bras de son fils, et de se venger ainsi de Françoise de CHATEAUBRIAND qu'elle déteste.
Les belles Italiennes le fascinent aussi. Et on peut imaginer que ses désirs de conquête au-delà des Alpes aient été autres que territoriaux. Ces plaisirs seront mortels pour François, et gravement dommageable à la France. La maladie qu'on appelle en France le Mal de Naples, et qu'on appelle chez les Anglais le Mal des français - la syphillis - atteint le roi. Mais c'est sans doute d'une simple blennhoragie mal soignée des années auparavant qu'il mourra, le corps rongé et détruit de l'intérieur. Mais il y a plus grave encore : Françoise de CHATEAUBRIAND a poussé son frère auprès du Roi qui l'a nommé chef des armées d'Italie à la place du CONNETABLE DE BOURBON. En nommant par deux fois l'incapable LAUTREC à la tête de son armée à la place d'un brillant chef de guerre, le Roi va perdre deux campagnes. La mère du roi, LOUISE, qui déteste Françoise de CHATEAUBRIAND détournera l'argent des armées d'Italie pour perdre LAUTREC. Ce plan va réussir au-delà de ses espérances. Mais ce faisant, elle va devoir aussi perdre le ministre des Finances du Royaume qui l'a dénoncée. Et ce sera l'affaire SEMBLANCAY. Le ministre sera injustement pendu par François 1er, avec l'aide de DUPRAT. Pour assouvir ses passions amoureuses, le roi se fait un ennemi mortel, le CONNETABLE de BOURBON, qui passe au service de l'Empereur en 1523 et sera tout près d'envahir le Royaume. Il perd définitivement l'Italie après de nombreuses et coûteuses campagnes, et il va condamner injustement à mort le plus dévoué et le plus fidèle de ses serviteurs. Qu'en conclure ? Mais que c'est aussi ça la Renaissance. Ou bien que nous sommes effectivement en France, et qu' on a ici l'orgueil de dire que l'amour passe parfois avant la raison d'Etat.
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UN ROI NOMADE
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ans doute le voyage n'est pas une spécialité de François 1er dans la longue histoire des Rois de France : son successeur, Henri 2, sera tout comme lui un roi nomade. Mais l'énergie et la frénésie qu'il met à visiter son royaume étonne encore et laisse tous ses courtisans totalement épuisés. Dès son retour de la première campagne d'Italie, tout juste après Marignan, François va successivement visiter le sud de la France avec Manosque, Aix, St Maximin, Marseille, Tarascon, Lyon. De là il se rend en pélerinage à Chambéry ( voyage de deux semaines à pied avec quelques compagnons). Puis il repart pour la Touraine (Amboise) Enfin, il rentre à Paris pour fêter avec les Parisiens son éclatante victoire . Mais il ne tient pas en place: retour à Amboise (fin de l'automne 1516), puis il se dirige vers Blois, Orléans, et Paris à nouveau. De façon exceptionnelle il y reste trois mois. Il faut dire que le sacre de son épouse à St Denis l'y retient. Cela ne l'empêche tout de même pas de faire quelques incursions en banlieue, et d'aller chasser à Ecouen et à Compiègne. Le 17 Juin, il est à Amiens, puis Abbeville, Boulogne sur Mer, Dieppe, Rouen. Cette ville l'accueille avec le faste qui sied à la seconde ville la plus riche du royaume après Lyon. Puis c'est Louviers, Evreux, Lisieux, Argentan. On le retrouve à Moulins en Octobre-Novembre à l'invitation du Connétable de Bourbon. Blois et Amboise pour finir ? Non : il décide de visiter la Bretagne jusqu'au Mont St Michel. Il y découvre le futur cachot où il fera enfermer le sombre BEDA. C'est là que le décès de sa première fille lui est annoncé. Il ne l'aura vue ni naître ni mourir. Le chagrin calme sans doute ses ardeurs vagabondes. Il rentre à Paris. Mais ce sera partie remise: cette frénésie de voyage durera jusqu'à sa mort. Dans cette course pérégrinatrice, la cour qui se compose de plusieurs milliers d'hommes et de femmes se doit de suivre coûte que coûte. Et si le Roi a droit aux meilleures chambres, les plus grands seigneurs doivent parfois se contenter de bottes paille dans des granges improbables. On comprend l'importance que va revêtir la charge de "Maréchal des Logis" !
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