François 1er fut-il un grand roi ? Par la taille on ne peut en douter: l'armure d'apparat qui est présentée au Musée de l'Armée montre bien que l'homme était un colosse d'une taille peu commune pour l'époque : près d'un mètre quatre vingt dix ! En ce qui concerne le Politique, on peut par contre s'interroger. Les guerres incessantes et inutiles avec Charles Quint, les dispendieuses campagnes d'Italie ne ramènent rien de concret au Royaume de France. Les chateaux et demeures qu'il fait construire par dizaines ruinent les finances et rendent exangue le pays. Mais dans l'imaginaire des Nations, François 1er reste pour les Français l'archétype du roi-mécène, un roi brillant, grand amateur de femmes et d'art. Un roi très aimé , pour lequel son bon peuple se cotisa afin de payer sa rançon lors de sa captivité. Il est le premier représentant d'une lignée de princes, qui comme Louis XIV ou Louis II de Bavière (" Das ist für die Kunst ! " - c'est pour l'art ! - ) justifient leur fonction par la DEPENSE. "Il est notre luxe à tous, à travers lui nous pouvons rêver..." auraient pu dire les fileuses de France en travaillant pour la libération du Roi. Mais après tout, n'est-ce pas là une bonne définition de ce qu'est un Monarque ?
ROI CHEVALIER
En 1515, Louis XII meurt sans descendance mâle. François 1er est le fils de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie. Marié à la fille de Louis XII, Claude de France, il succède à son beau-père, qui est aussi son cousin à l'âge de vingt ans. Adulé par sa mère et sa soeur, éduqué plus énergiquement par le Maréchal de Gié, il a à la fois du goût pour la poésie et le combat. Il rêve d'exploits chevaleresques. Son premier projet de roi est de reconquérir le Nord de l'Italie. Entouré de ses anciens compagnons de jeux, François marche à travers les Alpes, réussissant à faire passer les 72 canons lourds de son artillerie là où personne ne l'aurait cru possible. Dans la plaine, l'armée des mercenaires Suisses l'atttend. Après quelques tentatives de négociation financière infructueuses, la bataille est incontournable. Réputés invincibles au combat, les Suisses sont craints dans toute l'Europe depuis Louis XI et la fameuse bataille de Morat. François 1er à la tête de sa cavalerie engage un combat fougueux dans la plaine de Marignan. Les Italiens qualifieront ce type de charge de "furia francese". Fort heureusement, l'artillerie dirigée par Galiot de Genouillac avait eu le temps de tailler en pièces les rangs compacts des fantassins suisses. Malgré cela, il faudra aux troupes françaises la chance de recevoir un renfort au moment le plus critique de la bataille pour voir les Suisses abandonner le terrain en bon ordre. Cette victoire est un évènement qui claque comme une bannière dans toutes les capitales d'Europe: un nouveau roi est né. Un roi de vingt ans, avec lequel il va falloir compter. L'état de la France est alors celui d'un pays riche. Avec vingt millions d'habitant, c'est le plus peuplé d'Europe. Les revenus que le roi de France va tirer du pays grâce à l'impôt sont équivalents ou supérieurs à l'or des Amériques que l'Espagne commence à faire venir chaque année par Galions entiers. Et, comme chacun sait, l'or est le nerf de la guerre....
HOMME DE PASSIONS
François 1er a un caractère heureux et enjoué. Il envisage sa responsabilité comme un état naturel. Il a été conçu et élevé par sa mère comme une revanche sur le destin. Louise de SAVOIE est une veuve humiliée à qui on a prédit un jour que son fils serait roi. Elle y croit, contre toute évidence. Et elle élève ce fils sauveur en conséquence. Le destin finit par lui donner sa revanche. François a donc toutes les raisons d'être un roi gai et bien dans sa peau, comme on n'en verra plus avant longtemps. Il aime la vie et il plaît aux femmes. C'est un passionné. Parmi ces passions on peut aussi citer la chasse, l'art du combat chevaleresque, les voyages. L'art poétique, aussi. Mais se laissant aller à ces passions, il en oublie qu'il en est de funestes, qui n'ont rien à voir avec la conduite d'un chef d'Etat. Son attitude envers Charles Quint est à bien des égards entachées de maladresses incroyables. Ses campagnes militaires aussi. Il ne sait pas s'entourer de conseillers et de capitaines fiables. Son comportement au combat relève souvent de la bravade inutile, ce qu'il va payer d'une douloureuse et coûteuse captivité après le désastre de Pavie. Maintes fois et en théorie il a tous les atouts entre les mains pour vaincre définitivement. Chaque fois le sort lui est contraire parce qu'il n'a pas pu réfréner une envie. A propos de lui on pourrait pasticher le poème," souvent François varie, bien fol qui s'y fie...
HOMME A FEMMES
Le Maréchal de Tavannes disait du Roi : " Alexandre voit les femmes quand il n'a point d'affaires, François voit les affaires quand il n'a plus de femmes". Les premières femmes à la cour de France seront Bretonnes, toutes venues dans la suite d' Anne de Bretagne. Depuis l'avènement de François, et la rivalité entre Anne et Louise, ce n'est pas ce qui manque dans l'entourage du Roi. D'ailleurs un aéropage de prostituées officielles fait le bonheur des courtisans, et envoie le plus diplomatiquement du monde ses meilleurs voeux chaque année à leur souverain et maître. Le Roi est d'abord marié à Claude de France, qui l'aime sincèrement et qui est peu payée de retour. Celle-ci meurt à l'age de vingt-quatre ans. François se remarie alors avec Eleonore d'Autriche, soeur ainée de Charle Quint et veuve de Manuel 1er du Portugal. Ce mariage est organisé comme une des clauses du Traité de Madrid, suite à l' emprisonnement de François 1er par l'Empereur, et par lequel il recouvre sa liberté. Aucun enfant ne naîtra de ce second mariage. Mais c'est hors mariage que le roi connaît des passions amoureuses. Avec sa première maîtresse, Françoise de CHATEAUBRIAND il vit un amour orageux qui finit dans l'amertume et la brouille. Elle a trente ans lorsqu'il la quitte pour Anne PISSEULEU, qu'il fait Duchesse d'Etampes. Celle-ci en a dix sept, et c'est une des suivantes de la reine mère, Louise, qu'on soupçonne fortement de l'avoir poussée dans les bras de son fils, et de se venger ainsi de Françoise de CHATEAUBRIAND qu'elle déteste.
Les belles Italiennes le fascinent aussi. Et on peut imaginer que ses désirs de conquête au-delà des Alpes aient été autres que territoriaux. Ces plaisirs seront mortels pour François, et gravement dommageable à la France. La maladie qu'on appelle en France le Mal de Naples, et qu'on appelle chez les Anglais le Mal des français - la syphillis - atteint le roi. Mais c'est sans doute d'une simple blennhoragie mal soignée des années auparavant qu'il mourra, le corps rongé et détruit de l'intérieur. Mais il y a plus grave encore : Françoise de CHATEAUBRIAND a poussé son frère auprès du Roi qui l'a nommé chef des armées d'Italie à la place du CONNETABLE DE BOURBON. En nommant par deux fois l'incapable LAUTREC à la tête de son armée à la place d'un brillant chef de guerre, le Roi va perdre deux campagnes. La mère du roi, LOUISE, qui déteste Françoise de CHATEAUBRIAND détournera l'argent des armées d'Italie pour perdre LAUTREC. Ce plan va réussir au-delà de ses espérances. Mais ce faisant, elle va devoir aussi perdre le ministre des Finances du Royaume qui l'a dénoncée. Et ce sera l'affaire SEMBLANCAY. Le ministre sera injustement pendu par François 1er, avec l'aide de DUPRAT. Pour assouvir ses passions amoureuses, le roi se fait un ennemi mortel, le CONNETABLE de BOURBON, qui passe au service de l'Empereur en 1523 et sera tout près d'envahir le Royaume. Il perd définitivement l'Italie après de nombreuses et coûteuses campagnes, et il va condamner injustement à mort le plus dévoué et le plus fidèle de ses serviteurs. Qu'en conclure ? Mais que c'est aussi ça la Renaissance. Ou bien que nous sommes effectivement en France, et qu' on a ici l'orgueil de dire que l'amour passe parfois avant la raison d'Etat.
UN ROI NOMADE
Sans doute le voyage n'est pas une spécialité de François 1er dans la longue histoire des Rois de France : son successeur, Henri 2, sera tout comme lui un roi nomade. Mais l'énergie et la frénésie qu'il met à visiter son royaume étonne encore et laisse tous ses courtisans totalement épuisés. Dès son retour de la première campagne d'Italie, tout juste après Marignan, François va successivement visiter le sud de la France avec Manosque, Aix, St Maximin, Marseille, Tarascon, Lyon. De là il se rend en pélerinage à Chambéry ( voyage de deux semaines à pied avec quelques compagnons). Puis il repart pour la Touraine (Amboise) Enfin, il rentre à Paris pour fêter avec les Parisiens son éclatante victoire . Mais il ne tient pas en place: retour à Amboise (fin de l'automne 1516), puis il se dirige vers Blois, Orléans, et Paris à nouveau. De façon exceptionnelle il y reste trois mois. Il faut dire que le sacre de son épouse à St Denis l'y retient. Cela ne l'empêche tout de même pas de faire quelques incursions en banlieue, et d'aller chasser à Ecouen et à Compiègne. Le 17 Juin, il est à Amiens, puis Abbeville, Boulogne sur Mer, Dieppe, Rouen. Cette ville l'accueille avec le faste qui sied à la seconde ville la plus riche du royaume après Lyon. Puis c'est Louviers, Evreux, Lisieux, Argentan. On le retrouve à Moulins en Octobre-Novembre à l'invitation du Connétable de Bourbon. Blois et Amboise pour finir ? Non : il décide de visiter la Bretagne jusqu'au Mont St Michel. Il y découvre le futur cachot où il fera enfermer le sombre BEDA. C'est là que le décès de sa première fille lui est annoncé. Il ne l'aura vue ni naître ni mourir. Le chagrin calme sans doute ses ardeurs vagabondes. Il rentre à Paris. Mais ce sera partie remise: cette frénésie de voyage durera jusqu'à sa mort. Dans cette course pérégrinatrice, la cour qui se compose de plusieurs milliers d'hommes et de femmes se doit de suivre coûte que coûte. Et si le Roi a droit aux meilleures chambres, les plus grands seigneurs doivent parfois se contenter de bottes paille dans des granges improbables. On comprend l'importance que va revêtir la charge de "Maréchal des Logis" !
UN ROI CROYANT
La piété du Roi n'est pas feinte. François peut aimer passionnément la vie et ses plaisirs, cela ne l'empêche nullement de croire en Dieu. Les indices de cette foi ne manquent pas : il écoute la messe tous les jours. Un oratoire est installé en permanence dans sa chambre. Il profite de ses multiples voyages pour aller révérer un saint local ou une reliques connue. Même s'il doit payer physiquement de sa personne en marchant comme n'importe quel pélerin. Lors de la décapitation de la statue de la vierge à Paris (voir 1528) on le verra pleurer sincèrement et se reprocher d'avoir négligé la mère de Dieu, protectrice du Royaume. Et c'est tête nue qu'il prendra la direction d'une des nombreuses processions expiatoires. Si François est effectivement un homme cultivé, aimant les arts et les lettres, ce n'est pas un théologien, et sa réflexion religieuse est sans doute sommaire. Favorable aux Humanistes et à la première Réforme, il l'est parce qu'il aime par principe la modernité. Mais lorsqu'un réformé affiche un libelle contre l'Eglise romaine sur la chambre de sa porte en 1534 (affaire dite "des placards") il se sent personnellement visé, et offensé. La répression sera féroce.
UN ROI AIMANT LES ARTS
François aime les artistes. Et tout particulièrement les Italiens. Il reçoit fastueusement Leonard de Vinci, génie universel, vieilli et malade, qui ne produira plus que des études techniques, mais amènera avec lui sa Joconde. Rosso et Le Primatice seront ses décorateurs. Benvenuto Cellini, qu'il a fait sortir des geôles du Vatican où le Pape l'a jeté à la suite d'un meurtre, va fondre pour lui des objets utiles et beaux. Car le Roi n'ignore pas que s'il peut du jour au lendemain faire d'un homme un prince, il n'est pas en son pouvoir d'en faire un artiste. Il aime aussi la littérature. Et on prétend que Balthazard Castiglione lui faisait lire les premiers feuillets de son "Il Cortegiano" (le courtisan). Sa bibliothèque de Fontainebleau est la base de notre Bibliothèque Nationale. Il y rassemble tout ce que l'Europe peut lui fournir de livres latins et grecs. Et s'il ne peut acheter, il fait copier. Même chose en sculpture, et c'est ainsi que l'Apollon du Belvédère et la Vénus de Cnide apparaîtront en France.
DRAMATURGIE POLITIQUE
En ce début de Seizième siècle, le jeu politique est une pièce qui se joue principalement à trois personnages : le Roi de France, le Roi d'Angleterre, et l'Empereur Charles Quint en sont les protagonistes. Les Papes qui sont raremement élus à l'âge de vingt ans, n'ont pas une grande longévité au pouvoir. Ils peuvent être considérés comme force morale importante, mais il n'ont pas les moyens militaires de jouer un premier rôle.
Mais qu'est-ce qui motive ces chefs dans leur désir de s'affronter ?
François est particulièrement fier du sang Italien qui coule dans ses veines. Sa grand-mère en effet s'appellait Valentine VISCONTI. Sa petite enfance s'est déroulée pendant deux années dans une ambiance d'Italianité et de Renaissance à la cour de Cognac. En garde-t-il la nostalgie ? Le fait est que son ambition, son obsession, son grand dessein politique c' est de reconquérir le Milanais. Ambition réaliste ? Pourquoi pas : Il a l'argent, il a les moyens militaires, il est admiré par la population Italienne. Seules d'incroyables maladresses, des brutalités inutiles, des choix d'hommes malheureux, des campagnes militaires désasteuses, vont empêcher la France d'avoir une géographie transalpine durable.
Le jeune Charles de Luxembourg est né d'une famille issue du Duché de Bourgogne. Il est, contre toute attente, choisi comme Empereur lors du vote de la Diète de Francfort le 28 Juin 1519. Il souffle ainsi au Roi de France une dignité et un pouvoir que celui-ci revendiquait, et qu'il n'a pas su négocier par maladresse. Parvenu sur ce trône, Charles rêve obsessionnellement de récupérer la Bourgogne, qu'il estime indûment rattachée à la France par Louis XI. Rêve irréaliste ? Probablement, car pour obtenir la Bourgogne, il lui faudrait démembrer la France, alors qu'elle est à cette époque l'Etat-Nation le plus cohérent, le plus attaché à son identité et à son roi. Cette passion impossible va entraîner un aveuglement funeste de l'Empereur, qui va ainsi perdre à plusieurs reprises l'avantage qu'il a pu prendre sur son rival le Roi de France.
Le Roi d'Angleterre a une passion majeure : l'or. L'Angleterre, petit pays de 3 millions d'habitants ne peut en fournir à son roi autant que la France, qui compte entre 15 et 20 millions de sujets, ou l'Empire, qui exploite et pille les nouvelles possessions espagnoles d'Amérique du Sud (voir Les CONQUERANTS). Par le jeu des alliances, Henri VIII va donc monnayer à prix fort son soutien à l'un ou l'autre des deux challengers que sont le Roi de France et l'Empereur. Mais Henri VIII a une autre passion : il se verrait bien sur le trône de France. En cela il reprend une revendication née en 1328 et consécutive à la mort sans descendance de Charles IV le Bel. Edouard III, le Roi d'Angleterre de l'époque avait épousé la soeur de Philippe le Bel, et devenait ainsi le prétendant légitime au trône de France. Les français lui opposèrent la Loi Salique, qui interdit la transmission de la couronne par les femmes. Cette querelle fut la cause de la guerre de cent ans, dont la dureté créa en retour le sentiment national des français qui se concrétisa en Jeanne d'Arc, fille du peuple. L' ambition d'Henri VIII est donc un peu illusoire, car la réaction du peuple de France serait sans doute la même que celle qui permit deux siècles auparavant de " bouter l'anglois hors de France ". Et il n'est pas pensable d'occuper et de tenir durablement à cette époque (tout comme maintenant) une terre et une population hostile de cette importance avec seulement quelques milliers d'hommes (voir : La Guerre au Seixième siècle).
BIOGRAPHIE CHRONOLOGIQUE
ENFANCE
François de Valois naît à Cognac le 12 septembre 1494. Son père, Charles de Valois, est comte d'Angoulême, et sa mère est Louise de Savoie. C'est l'année de la naissance de François Rabelais qui est donc l'exact contemporain du roi. Les guerres françaises en Italie sont déjà commencées avec la campagne que dirige Charles VIII, et qui va le mener à Rome puis à Naples. Le père de François meurt quant il a deux ans. L'enfance du futur roi va se passer entre les mains de femmes toutes à sa dévotion. Mais à la mort de Charles VIII en 1498, c'est Louis XII qui lui succède. François devient donc son plus proche parent. Si Louis meurt sans descendance mâle, le trône est pour lui. Louise, mère de François, prie chaque jour que le re-mariage avec Anne de Bretagne ne porte pas ses fruits. La pauvre Anne n'aura que des filles ! Prudent, Louis XII exige que le jeune François soit élevé comme il sied, c'est à dire en futur roi chevalier. Le Maréchal de Gié sera son précepteur. En 1501, François est introduit officiellement à la cour. Il y accueille le jeune Charles de Luxembourg, futur Charles Quint, qui vient de se fiancer avec Claude de France. Anne de Bretagne qui sent le danger du mariage d'un Bourbon avec cette héritière le fait casser en 1505. C'est François qui deviendra le mari de Claude. Il se fiance avec elle en 1506. Première haine et rancoeur tenace de Charles Quint contre ce rival ?Après tout, on le serait pour moins.
ADOLESCENCE
En 1509 Henri VIII prend la succession de Henri VII en Angleterre. C'est l'année de parution de "l'Eloge de la Folie" d'Erasme, et du "Quintuplex psaltarium" de Lefevre d'Etaples (voir Réforme) .
En 1512, Louis XII qui sent sa fin proche autorise François à participer aux Conseils (des ministres).
En 1514, François est marié avec Claude de France. Le 1er Janvier Louis XII meurt, et François devient François 1er. Il est sacré à Reims le 25 Janvier.
PREMIERES CAMPAGNES D'ITALIE
Le jeune roi gagne la bataille de Marignan (1515 ) et entre à Milan auréolé de gloire. Le 16 juillet il est de retour à Lyon. En Aout naît une fille, Louise. Il visite la France. C'est l'année de parution du PRINCE de Machiavel, et de l'UTOPIE de Thomas More. Charles de Luxembourg devient Charles 1er d'Espagne, à la mort de Ferdinand le Catholique. Le sacre de la Reine a lieu à St Denis le 10 Mai 1516.
En 1517 le roi se promène jusqu'en 1518 à travers la france. C'est l'année de publication des Thèses de Luther
Le 12 Janvier 1519, l'Empereur Maximilien meurt. Charles 1er d'Espagne et François concourent pour sa succession. C'est Charles Quint qui est élu par la Diète de Francfort après que François ait commis de grossières erreurs diplomatiques. L'affrontement avec Charles Quint semble inéluctable et se prépare dans les deux camps . Chacun des protagonistes cherche à attirer à lui d'autres partenaires, c'est à dire Henri VIII d'Angleterre et le Pape. C'est au "camp du drap d'or" que François tente d'éblouir son "ami" Henri, qui en réalité joue double jeu et s'est déjà mis d'accord avec Charles Quint. François fait une même tentative avec le pape Leon X, qui joue aussi double jeu.
1521 : guerre sur deux fronts. La Navarre est prise au Sud, mais bientôt reprise faute de réelle volonté. Prise du Duché du Luxembourg, mais il est évacué, faute de moyens de paiement des armées. Le Parlement de Paris est autorisé à interdire l'impression d'ouvrages jugés non conformes par les Théologiens à la tête des quels se trouve Noel BEDA. Celui-ci condamne Luther pour ses thèses, qui est mis au ban de l'empire par la diète de Worms .
En 1522, François est blessé à la tête lors d'un jeu un peu rude. Plongé dans le comas, il en ressort et il décide de se laisser pousser la barbe. Tous les hommes de la cour en feront autant. L'Etat doit emprunter pour faire la guerre. C'est l'année d'une campagne d'Italie menée par LAUTREC, frère de Françoise de Chateaubriand, qui s'avère irrésolu et incapable. C'est le désastre de LA BICOQUE et la perte de tout le Milanais. Une invasion de la France par le Nord (Les Anglais alliés aux Flamands) et par le Sud ( les Espagnols ) échoue.
1523 : Création du Trésor de l'Epargne. Les Anglos-Flamands envahissent la Picardie. L'Allemagne est en proie à des révoltes. Paris est finalement sauvée : l'ennemi s'englue dans la campagne française, et se débande faute de moyens financiers. Le Connétable de Bourbon, dont les terres devant lui revenir sont revendiquées par l'insatiable Louise, mère du Roi, finit par s'enfuir de France et passe à l'ennemi. Il fera chèrement payer cette injustice. Lefèvre d'Etaples est poursuivi par le Parlement de Paris.
1524 : Année terrible - Claude de France meurt à l'âge de 24 ans. François en est très peiné, mais il décide de relancer les campagnes en Italie. A la tête des armées de l'Empereur, Bourbon boute les troupes françaises hors d'Italie. Bayard meurt pendant la retraite près de Milan. Le Connetable envahit ensuite la Provence, mais il échoue devant Marseille en attendant des renforts de Charles Quint qui ne viendront jamais, toujours faute de moyens financiers. Nouvelle campagne d'Italie menée par le Roi, qui va se terminer par le désastre de Pavie. En Allemagne, Thomas Münzer mène les paysans à la révolte. Arrestation et début du procès de Semblançay, ministre des finances du Roi, qui paye pour son intégrité et qui semble faire de l'ombre à DUPRAT.
1525 : François 1er est fait prisonnier. Transféré à Madrid, on lui demande de céder ce qu'il ne peut céder, c'est à dire la bourgogne. Louise, régente, maneuvre habilement et monte une coalition contre Charles Quint avec le Pape et Henri VIII.
1526 : Libération de François 1er. Traité de Madrid par lequel le roi cède la Bourgogne, abandonne ses prétentions sur l'Italie, verse deux millions d'écus d'or, et se marie avec la soeur de son geôlier. Ses deux fils sont laissés en otages à Madrid. Ils seront durement traités. Louis de Berquin est arrêté par le Parlement. Le roi le fait libérer dès son passage à la frontière.
1527 : Henri VIII souhaite divorcer pour épouser une jeune française, fille d'un ambassadeur, Anne Boleyn. François lui accorde son soutien. De son côté, il délaisse sa maîtresse en titre, Françoise de Chateaubriand, au profit d'Anne de Pisseleu. La ligue des Etats Italiens contre Charles Quint échoue. Le Connétable, à la tête de l'armée des Impériaux fait des ravages en Italie et arrive devant Rome. Il meurt lors de l'assaut, mais les troupes de Charles Quint mettent Rome à sac. Consternation dans le monde chrétien. Semblançay est exécuté à Paris. On découvrira plus tard, que c'est la famille royale qui lui devait de l'argent.
1528 : François 1er provoque officiellement Charles Quint en duel, puis se dérobe. Nouvelle alliance entre Henri VIII et François 1er. Nouvelle campagne d'Italie, qui échoue devant Naples suite aux erreurs du Roi et à la défection d'Andra Doria, le chef de sa flotte génoise. Affaire de la rue des Juifs et de la Vierge décapitée. Loyola, Rabelais, Calvin sont à Paris. Noel BEDA agite le peuple parisien contre les hérétiques.
1529 : Louise de Savoie et Marguerite d'Autriche, régente des Pays Bas, reprennent le dialogue pour aboutir à la Paix des Dames entre l'Empereur et le Roi de France. Charles Quint renonce à la Bourgogne. Libération des enfants du roi. Louis de Berquin est exécuté suite au procès monté ou manipulé par Beda. Le Pape s'oppose au remariage d'Henri VIII.
ANNES DE PAIX
1530 : Le Roi épouse officiellement Eleonore, soeur de Charles Quint. Celui-ci est ceint de la couronne de fer du royaume d'Italie par le Pape. A la Diète d'Augsburg, les luthériens marquent la rupture avec les catholiques romains. La mère du Roi meurt en 1531.
1532 : La Bretagne est rattachée à la couronne de France. Première édition du Pantagruel, à Lyon.
1533 : Par le mariage de son second fils à Catherine de Medicis, François se rapproche du Pape Clement VII. Ce qui ne va pas être favorable aux idées de Réforme en France. C'est l'année de la naissance de Montaigne.
1534 : Affichage d'un "placard" (une affichette) prônant les thèses luthériennes sur la porte de la chambre à coucher du roi. Violente réaction de François 1er. Chambre ardente et exécutions d'hérétiques. Les turcs envoient une ambassade à Paris. François 1er crée le corps des Legions, sept au total, qui vont être une sorte d'armée permanente de fantassins. Jacques Cartier monte son expédition avec l'aide de François 1er et découvre le Canada. Publication du Gargantua.
1535 : Le Roi interdit toute publication sans autorisation Royale. Duprat meurt. Il est remplacé par Antoine Du Bourg. La répression contre les hérétiques s'accentue. Henri VIII est excommunié par le Pape, et celui-ci crée l'église Anglicane. Thomas More, ex-chancelier est exécuté. La politique de rapprochement avec les Turcs, voulue par les Du Bellay fonctionne.
NOUVELLES GUERRES
1536 : Tollé dans la chrétienté : le roi de France passe un traité d'amitié avec Soliman, le Turc, le Barbare. La Bresse, la Savoie sont envahies par les troupes françaises. Charles Quint envahit la Provence dévastée une nouvelle fois, villages et récoltes brûlés par les troupes françaises qui reculent. Les Impériaux sont à nouveau arrêtés devant Marseille. Famine et Peste dans le camp de Charles Quint. Ils font demi-tour. Au Nord, Péronne résiste héroïquement. Anne Boleyn est exécutée par Henri VIII. Anne Seymour la remplace. Calvin est à Genève. Erasme meurt. François marie sa fille Madeleine à Jacques V, roi d'Ecosse. Le pays est à nouveau soumis à une fiscalité exceptionnelle, du fait de la reprise de la guerre.
1537-38 : la fille de François, Madeleine, meurt d'une maladie en écosse. Une trêve de 10 ans est signée entre l'empereur et le roi. L'entrevue d'Aigues Mortes entre les deux hommes scelle ce nouveau pacte. Les Réformés français et les Luthériens allemands en font les frais, au grand déplaisir des Du Bellay, favorables aux princes allemands.
TREVE SIGNEE POUR DIX ANS
1539 : Comme preuve de sa bonne foi, François 1er autorise Charles Quint à traverser la France avec son armée pour mater une insurrection en Flandre. Avec l'Edit de Villers Cotteret, le Français devient la langue nationale officielle avec obligation d'usage dans l'administration pour les actes judiciaires. l'Etat Civil est créé. Hernando Soto part en expédition dans le Sud de ce qui deviendra les Etats Unis, du côté de la Louisiane. C'est un échec cuisant qui clôt l'expansion espagnole sur le continent américain.
1540-41 : L'hérésie est officiellement pourchassée par l'administration civile en France. Deux ambassadeurs chargés des relations avec les Turcs sont assassinés par les agents de Charles Quint. Chacun se prépare à reprendre les hostilités. François 1er est furieux de voir le Milanais donné au fils de Charles Quint, en violation de leurs accords. Les Psaumes sont traduits par Marot. Ils deviendront les chants (de guerre ou de paix) de la Réforme en France.
DERNIERES GUERRES
1542 : La guerre reprend en Juillet. Les Français envahissent le Luxembourg. Mais les troupes de François stoppent devant Perpignan. Pourchassé, Marot se réfugie à Genève.
1543 : Henri VIII déclare la guerre à François 1er. Charle Quint écrase les troupes du Duc de Clèves, allié des français. Par l'accord passé avec Soliman, le port de Toulon est vidé de ses habitants, et est transformé en ville de garnison turque avec les galères de Barberousse. Stupeur dans la france religieuse.
1544 : En Italie, les français emportent la victoire de Cerisoles. En France, Charles Quint attaque à l'Est, et Henri VIII au Nord. Siège de Saint Dizier, qui résiste héroïquement pendant un mois. Henri remporte Boulogne. Les hostilités s'arrêtent par épuisement. Le roi signe un traité avec l'Empereur àCrépy en Laonnois
1545 : Les Français débarquent en Angleterre. Nul ne pourra le faire à nouveau. Mais mal préparés, leur flotte menacée, ils préfèrent faire demi-tour. La guerre avec Henri VIII prend fin. En Allemagne Charles Quint tente de reprendre le dessus sur les Luthériens. Sous la pression du Pape, du Parlement d'Aix, et du Cardinal Tournon, François accepte de régler le problème Vaudois. Ce sera un massacre infâme, digne de celui des Albigeois. François regrettera jusque sur son lit de mort cette décision.
1546 : Traité de paix avec Henri VIII. Il restitue la ville de Boulogne. Luther meurt. Rabelais publie Le Tiers Livre.
1547 : Mort d'Henri VIII le 27 janvier. François meurt à Rambouillet le 10 Mars, des suites d'une infection généralisée consécutive à une maladie vénérienne mal soignée. La ligue de Smalkade fondée par les Princes Allemands Luthériens est écrasée par Charles Quint à Mühlberg. Le Concile de Trente est transféré à Bologne.
Bibliographie
"Renaissance et Réforme" de Jules Michelet Coll Bouquins, Editeur :Robert LAFFONT 1982
"Chronique de la France moderne, le 16ème Siècle" de Joel Cornette Editeur : SEDES 1993
"François 1er André CASTELOT Librairie Académique PERRIN 1983
"François 1er" de Jean JACQUART librairie ARTHEME FAYART 1981
"François 1er Le Roi de la Renaissance" de René GUERDAN FLAMMARION 1976
"François 1er ou le rêve Italien" de Jack LANG edition PERRIN 1997.
"Le Journal d'un Bourgeois de Paris" Anonyme réédition en Poche chez Garnier Flammarion collection Letttes Gothiques 1990.
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