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ORENZO VALLA (1407-1457) est celui qui fait passer l’Humaniste du statut de collectionneur amoureux de littérature ancienne à celui de critique, de philologue et de chercheur de vérité. Il est formé au Latin par Leonardo Bruni, et au Grec par Giovanni Aurispa. A 26 ans il écrit un dialogue « De Voluptate » où il oppose la doctrine des Stoïques (selon laquelle une vie qui se conforme à la nature est le summum du bien), contre l’opinion des Epicuriens (selon laquelle le désir de plaisir doit se restreindre seulement dès lors qu’il est un obstacle à un plus grand plaisir, et que cette continence est contraire à la nature). Il fait intervenir un troisième locuteur selon lequel l’hédonisme chrétien est finalement le meilleur, car il procure une joie perpétuelle. Pour l’Eglise, « cette troisième voie » n’est là que pour sauver les apparences, et Valla, encore aujourd’hui, est accusé d’Epicurisme et de « manque de fermeté » de caractère.
Car VALLA est un polémiste dans lâme, un bretteur littéraire redoutable, qui va se faire beaucoup dennemis, et sera accusé par eux davoir des murs dissolues (comme Erasme plus tard). Il dérange lordre établi, tout en déclarant sa fidélité à lEglise. Dabord professeur de rhétorique à Pavie (1429-1431), il doit fuir la ville pour sêtre attaqué au juriste Bartolo dans un texte où il ridiculise la jurisprudence. A Naples il devient secrétaire à la cour du roi Alphonse V d'Aragon (1437-1445), cour qui daprès les historiens chrétiens nest pas précisément un centre de vertu. Mais il trouve dans le roi un ami fidèle qui comptera pour sa carrière. Cest là quil rédige tous ses livres importants.
Dans son « De libero arbitrio » il montre la complexité du concept de liberté et de grâce, problématique qui sera de nouveau abordée par Erasme et Luther.
Dans ses « Disputationes dialecticae » il oppose Aristote aux Scholastiques.
Dans son « De professione religiosorum » il conteste la supériorité des ordres réguliers (les moines) sur les séculiers. Ce faisant, il se coupe toute possibilité dune carrière au sein du monde monastique.
Dans son « De elegantis linguae latinae », colossal ouvrage en six volumes écrit de 1435 à 1444, sorte de glossaire historique et grammatical du latin, il démontre quune langue possède une histoire.
Et cest au nom de cette même historicité de la langue latine, dun cartésianisme précurseur et dun raisonnement dintellectuel philosophe quasi germanique, quil démontre (1440) que la fameuse « Donation de Constantin », (donation par laquelle lEglise de Rome serait dépositaire du trône de lEmpire Romain), nest ni plus ni moins quun faux. On imagine le scandale dans la Chrétienté : le Pape nest plus le successeur des Césars, et na donc plus aucune justification légale à lautorité temporelle.
Cela va, il faut le dire, dans le sens des intérêts de son ami Alphonse V, qui est en guerre contre le Pape Eugene IV pour le royaume de Naples. Mais cela nempêchera pas non plus les Papes de la Renaissance de faire la guerre pour agrandir les Etats Pontificaux. LEglise ne lui est cependant pas totalement hostile. Avec larrivée du Pape Nicolas V il revient en faveur à Rome, où on lui offre enfin un poste de secrétaire apostolique, poste quil convoitait depuis longtemps (1448). Le Pape lui demande des traductions du grec, et Calliste III lui octroie un canonicat à St Jean de Latran. Il y meurt en 1457.
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'est le chancelier de Florence, Coluccio SALUTATI (1331-1406), lettré, humaniste, correcteur et linguiste, qui fait venir en Italie un diplomate Byzantin en 1397. L’homme amène avec lui des ouvrages inconnus à cette époque. Ce faisant, il introduit la littérature grecque dans le champ des études des savants européens. La chute de Constantinople en 1453 accélère considérablement les choses, et amène en Italie des savants réfugiés qui vont enseigner la langue et la littérature grecque. Janus LASCARIS fait partie de cette seconde génération de ces humanistes formés au Grec. Le Cardinal Byzantin BESSARION (1400-1472) qui s’était installé à Rome devient un important transmetteur de la culture grecque antique. Il est le formateur de l’archevêque Nicolo PEROTTI (1430-1480), qui fut un traducteur important. Alde MANUCE (1449-1515) imprimeur de génie et amoureux du grec, crée quant à lui à Venise une Académie avec le savant crétois Marc MUSURUS où se rendit ERASME....
Cette percée du Grec dans le champ des études des humanistes a une importance considérable. Née dune curiosité naturelle de bibliophile, damoureux des textes anciens, dhistoriens de la connaissance, la lecture et la traduction du grec va devenir assez logiquement une arme contre les théologiens des Universités, tous latinistes, qui se retranchent derrière des textes épurés par des siècles de recopie et de glose. En 1516, ERASME va ainsi contester la « Vulgate » latine au nom de la « vérité » grecque. Mais bien plus important encore que la simple rectification d'ouvrages religieux, le grec permet d'avoir accès à une pensée qui n'est pas théocentrique (dépendante de l'idée de Dieu). Les philosophes grecs parlent de l'homme, de son rapport au monde, au langage, aux idées et à lui-même, sans faire une référence systématique à une transcendance. En ce sens, on peut se demander ce qu'il serait advenu du modèle occidental sans cet apport grec. L'Eglise Catholique se considérait en effet comme la continuité de Rome (voir plus haut le "la donation de Constantin) , pas de la République Athénienne.
Ce sera en France et en Europe, le début dun véritable conflit qui va aboutir à linterdiction par l'Eglise de létude de la langue grecque, à linterdiction dédition et de possession douvrages en Grec. Le CONCILE DE TRENTE y met un point final en imposant la légitimité du latin biblique et met à lindex les héllenistes et les imprimeurs qui les publient .
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