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LA GUERRE AU XVIè SIECLE
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L'ARQUEBUSE |
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es hommes de guerre du passé observant la force destructrice des projectiles issus des canons se sont ingéniés à en trouver une forme plus réduite, portative et adaptée au maniement par un seul individu. Ce furent d’abord des canons à main, les « haquebutes », dérivés eux-mêmes des « couleuvrines», petits canons qu’on utilisait sur les remparts. L’arquebuse, nom dérivé du mot allemand Hachenbusche, paraît alors (1425). Elle fait un mètre de long et pèse encore lourd (7 kilos) Son efficacité est limitée. Une version plus longue s'avère plus utile : l’arquebuse à mèche, dont le poids est de 15 à 20 kilos. Pour pouvoir viser le tireur s’aide alors d’une fourche appelée le « fourquin ». La portée théorique de l’arme est de 100 mètres, mais la balle perd toute vélocité au-delà de 30 mètres. La cadence de tir n’est que d’un coup toutes les deux ou trois minutes, et le canon s’échauffe au bout de quatre coups. L’arquebuse « à platine à mèche » (1925) permet d’utiliser enfin les deux mains pour pouvoir viser. Une autre version apparaît avec « l’arquebuse à rouet » (1550), plus légère (6kgs) et plus longue (1,30 m) qui ne nécessite plus l’utilisation du « fourquin » pour le tir. Enfin, la technique de fabrication du canons rayé qui apparaît dès 1520 va amener une plus grande précision du tir. Dans la seconde moitié du siècle, les soldats qui l’utilisent seront parfois appelés « fusiliers » du mot italien « fugile » qui veut dire silex.
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LA FORMATION
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es officiers de l'armée se forment comme des "compagnons", en étant parainnés et éduqués par un parent militaire. Mais l'importance que donnent les humanistes sur la nécessité d'une formation des élites ne reste pas sans écho dans l'organisation militaire . François 1er crée la PETITE ECURIE, une institution de formation des futurs cadres de l'armée. Les bâtiments sont installés aux Tournelles. On y apprend l'équitation et le maniement des armes.
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LES SERVICES
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'artillerie constitue le "service" principal de l'armée. A sa tête se trouve le Grand Maître de l'Artillerie. Un lieutenant général est sous ses ordres pour le commandement des troupes, un contrôleur général s'occupe de l'administration. Enfin, le matériel de l'artillerie est placé sous la responsabilité d'un garde général. L'artillerie comporte 200 canonniers rémunérés. Ce sont des professionnels. Le matériel et les fournitures sont répartis sur onze régions. Pour le transport, on embauche des charretiers et des charrettes avec des chevaux. Le poids des canons nécessite un grand nombre de chevaux. Le Grand Maître peut juger qui lui semble bon dans son service. Le souverain a le monopole de la vente des poudres, et en 1572, le monopole de sa fabrication.
Organisé par François 1er pour des campagnes longues et hors du territoire, le service des Vivres a une importance cruciale. Pour une armée en campagne, c'est à la population environnante de se charger de fournir de quoi survivre. Le plus souvent, c'est en argent que cet impôt est prélevé, car les paysans ont tendance à ne donner que des fournitures de basse qualité. Villes ou institutions sont donc mises à contribution pour entretenir les corps d'armée en garnison. On comprend dés lors qu'en cas d'invasion, les défenseurs pratiquent la politique dite de la "terre brûlée", qui s'avéra si efficace - mais si terrible pour le pays et ses habitants - lors de l'invasion de la Provence par les Impériaux menés par BOURBON en 1524. (voir François 1er)
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LE BUDGET |
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ien plus que dans n'importe quel siècle précédent, l'argent est devenu le nerf de la Guerre. C'est d'ailleurs souvent lui qui décide du sort des armées majoritairement constituées de mercenaires, et donc du sort des batailles. Le budget de l'armée dépend de "l'ordinaire des guerre"s et celui de la guerre de "l'extraordinaire des guerres". Il doit permettre de subvenir aux besoins d'une armée en campagne , et particulièrement aux gages des troupes mercenaires (Suisses ou Allemands). Avec la succession effrenée des guerres, ces troupes deviennent de plus en plus permanentes. Les budgets qu'on leur alloue ne quittent pas la caisse de l'Extraordinaire de guerre qui se vide ainsi même en temps de paix. De nombreux détournements financiers sont causés par toutes ces imprécisions. Et des détournements sont organisés du haut en bas de l'échelle, y compris dans l'entourage Royal, comme le montre l'affaire SEMBLENCAY (voir DUPRAT). La solde est versée chaque trimestre lors de revues. Des "passe-volants" sont parfois embauchés à l'occasion pour faire illusion de nombre. La différence peut ainsi être empochée par les gradés. Pour réprimer ces abus, le Roi nomme des contrôleurs. Mais ceux-ci s'entendent parfois pour profiter de la situation.
La Taille et le Taillon sont les impôts créés pour alimenter les caisses du budget de la guerre. Certains auteurs l'estiment à près de 2 Millions de livres à la fin du siècle. Mais ce budget dépend des circonstances militaires: en 1555 on cite le chiffre de 12 millions de livres.
Afin d'assurer le bon ordre de marche de ses troupes, et récupérer les provinces italiennes, Francois 1er est amené à demander des crédits de plus en plus importants aux banquiers Allemands...et même Italiens !
Un hallebardier touche 6 livres par mois, un arquebusier 7 et un suisse 9. Ces payes ne sont pas toujours assurées en temps et en heure, ce qui amène de nombreuses défections qui s'avérent militairement catastrophiques, telle celle d'Andréa DORIA, chef de la marine Gênoise qui changea de camp et se mit au service de Charles Quint contre espèces sonnantes. Il empêcha ainsi François 1er de remporter une victoire pratiquement assurée devant Naples en 1529.
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