Les fêtes au 16 ème siècle (3/3)


LA FETE AU XVIè SIECLE

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LA CHEVAUCHEE DE L'ANE

ette manifestation populaire est réservée aux maris battus ou dominés qui, le Mardi gras ou un jour au hasard des évènements, sont promenés par les rues sur un âne. La victime est représentée par un mannequin de paille ou par un compère jouant le rôle du cocu. La personne chevauche l'âne à l'envers. On lui ajoute un panier sur la tête et une quenouille à la main. Les âneries LYONNAISES du 1er Septembre 1566 et du 17 Novembre 1578 sont passées à la postérité. La chevauchée de 1578 faisait processionner dix-huit groupes, chacun venant d'un quartier différent. (1500 à 2000 figurants). Chaque quartier marchait derrière un équipage somptueux ou grotesque en menant son "martyr", c'est à dire en fait un mari battu ( ou supposé tel )

BOUCS EMISSAIRES ET DRAGONS

a fête est souvent un défoulement à caractère violent. Ce défoulement peut être symbolique, comme par exemple la mise à mort du "bouc émissaire", qui consiste à juger et exécuter un personnage en effigie. La foule assiste à son jugement et à son exécution. Le "sacrifice ", purement théatral, a lieu sur la place publique au milieu des huées.
C'est aussi la mort de CARNAVAL, représenté par un roi de paille. Son triomphe le jour de MARDI GRAS est aussitôt suivi par son massacre le lendemain mercredi des CENDRES. Il cède la place à une reine décharnée et hideuse, la Vieille du Carême.
Mais des jeux plus sadiques peuvent avoir lieu : dans le feu de la St Jean, il arrive que l'on jette des animaux enfermés dans des sacs ( des petits animaux considérés comme nuisibles ou liés au Diable : chats, renards...) et qu'on s'amuse de leurs hurlements.
Dans les rues on pratique parfois la chasse à un homme sauvage, au fou, au benêt, à un comique, un mannequin de paille ou de bois, un faux ours. Le massacre qui s'en suit est ritualisé.
On hue les "noircis" dans les rues de Vienne. On tracasse les mendiants pendant les carnavals espagnols, on accable le roi renversé des jours gras, on injurie un comparse grotesque à la queue du défilé, comme à LILLE, le "chevalier rouge", énigmatique criminel, que l'on représente chaque année expiant un crime atroce.
Mais il existe une figure symbolique des terreurs enfantines et sociales, qu'on retrouve lors des fêtes du Moyen Age jusqu'à la Renaissance :ce sont LES DRAGONS ET LES GEANTS. Mais leur caractère épouvantable évolue avec le temps, comme si les siècles les avaient policés, rendus débonnaires. On les trouve au seizième siècle, promenés symboliquement au bout d'une laisse, avec des fillettes sur leur dos, et des enfants courant à leurs côtés.
Parmi les DRAGONS connus on peut citer :
Le GRAOUILLY, dragon de carton promené à METZ.
La TARASQUE, dragon de TARASCON
La KRAULLA de Reims
La GARGOUILLE de Rouen
La Grande GUEULE ou bonne Sainte VERMINE de Poitiers
Le thème du géant est aussi une histoire de mode. Il se répand au 15è et 16ème siècle comme une traînée de poudre, du nord de l'Europe au sud.
On peut citer :
ANTIGON, qui terrorisait les habitants d'ANVERS. Un général Romain le tua et lui coupa les mains.
GOGMAGOG à LONDRES qui aurait été tué par Corineus, compagnon de BRUTUS
A MESSINE, le musulman GRIFFON, tyran de la ville, tué par le comte ROGER

Il est évident que le modèle de GARGANTUA est à prendre du côté de cette tradition.

REACTIONS DES AUTORITES
outes ces manifestations de groupe étaient mal vues des autorités, qu'elles soient ecclésiastiquesarrêt du parlement de Toulouse ou royales. Les débordements qui entraînaient des morts étaient parfois le signal de révoltes qui outrepassaient la cause première des rassemblements. C'est pourquoi les Parlements tentèrent d'interdire ces manifestations festives par tous les moyens. On peut voir ci-contre un arrêt du Parlement de Toulouse interdisant les Charivaris sous peine de mille livres d'amende. Bien entendu ce genre de coutume populaire était difficile à éradiquer, d'autant qu'elles s'inscrivaient dans des traditions ancestrales.
Un des facteurs de l'extinction des charivaris fut indépendant des autorités.Ce sont les bourgeois des villes, devenus de plus en plus nombreux et puissants, qui finirent par trouver inacceptables ces manifestations à l'occasion desquelles ils étaient rançonnés. A Paris, dans le Quartier Latin, ils finirent par organiser des Milices privées, la maréchaussée n'osant plus s'aventurer en Pays Latin à cause des privilèges que les étudiants possédaient du fait de leur appartenance à l'Université.
La révolte étudiante de Mai 1968 ne fut-elle qu'un immense CHARIVARI, comme le prétendit le Général de Gaulle ? La question reste ouverte, mais le terme était bien trouvé.

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