Biographie d'Antoine DUPRAT - Les Affaires - (3/4)

Le Chancelier Antoine Duprat


ANTOINE DUPRAT
1463 -1535

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LES BASSES OEUVRES : SEMBLENCAY

indéfectible soumission de Duprat à l'égard de la famille royale va l'amener à exécuter les plus discutables souhaits de son prince. C'est le cas lors de deux affaires remarquables, dont la première est l'affaire SEMBLANCAY.
En 1522 le maladroit LAUTREC fait perdre toutes les possessions italiennes de la France et laisse détruire une puissante armée française à La Bicoque. De retour à Lyon, il tente d'expliquer au Roi qu'il ne lui était plus possible de retenir ses mercenaires : l'argent promis par le roi n'est jamais arrivé. Stupeur de François 1er qui avait fait envoyer 400 000 écus. Il appelle Jacques DE BEAUNE, sire de Semblançay, son grand argentier, qui confirme avoir préparé la somme, mais affirme que Louise, la mère du Roi s'en est emparée. Louise tente une explication peu crédible. Le roi n'insiste pas, mais la reine mère, furieuse d'avoir été dénoncée profite en 1524 d'une chasse aux prévaricateurs pour faire arrêter Semblançay. DUPRAT se charge du dossier, qu'il monte de toutes pièces contre un ministre des Finances qui lui faisait de l'ombre. SEMBLANCAY étant Innocenté par l'enquête, DUPRAT et la reine suscitent de faux témoignages et le font condamner à mort. DUPRAT en retirera profit, s'appropriant des biens du condamné. Cette affaire fit scandale dans la population, qui avait parfaitement compris ce qui s'était passé. On sait maintenant que SEMBLANCAY, loin d'avoir volé son roi, lui avait prêté des sommes considérables allant au-delà du million d'écus. C'est ainsi que la famille royale entière, alliée au Chancelier avait tout intérêt à voir mourir ce trop dévoué ministre des finances.

LES BASSES OEUVRES : LE CONNETABLE DE BOURBON
l en sera de même pour l'affaire du Connétable de BOURBON.
Grand féodal, connétable de France, Charles de BOURBON est un brillant capitaine, et il fait de l'ombre au Roi. Mais leurs caractères les séparent : Charles est sérieux, presqu'austère. Il est loin d'avoir la gaité et l'insouciance de son roi. Mais sur le champ de bataille, c'est un meneur d'hommes et un grand stratège. Le roi le prive de ses grades, de ses pensions, et l'humilie. Suzanne, la femme de BOURBON meurt le 28 Avril 1521 sans laisser d'enfant. Mais la défunte est aussi cousine de Louise, la mère du Roi, qui s'empresse de faire valoir des droits sur la succession, malgré deux testaments en faveur de son mari. L'étendue des terres et des possessions qu'elle laisse est importante et justifie la convoitise de la Reine mère. LOUISE a juridiquement tort, mais elle persiste dans sa revendication et intente un procès devant le Parlement de Paris. Celui-ci se déclarant impartial commence diplomatiquement par ordonner une enquête. Voyant qu'elle risque une défaite, et conseillée par DUPRAT, elle tente un coup de force et déclare les propriétés de la femme de BOURBON comme siennes. BOURBON en appelle au roi, mais François 1er n'ose pas contredire sa mère. L'affaire prend une envergure internationale lorsque l'Empereur CHARLES QUINT, qui connaît et apprécie BOURBON au point de lui avoir proposé une de ses soeurs en mariage, l'invite à changer de camp. C'est ce que BOURBON fait à la fin d'Aout 1523. Mais ce qui motive in fine la trahison de BOURBON c'est son écoeurement devant la veulerie du Parlement. DUPRAT a bien travaillé : Il a réussi à le mettre au pas, et contre l' évidence des textes et du Droit, le PARLEMENT de PARIS déclare les biens de Suzanne BOURBON propriété de LOUISE. Dès cet instant, le Connétable n'a plus le choix. Et François 1er se trouve alors confronté à un formidable ennemi qui prenant la tête d'une armée, sera proche d'envahir la france, et mourra en 1527 les armes à la main devant Rome, non sans avoir vaincu les armées françaises à plusieurs reprises.
LE VATICAN ET L'ITALIE
otalement dévoué à la cause de son roi, DUPRAT ne peut prétendre être en même temps au service de la papauté. Par ailleurs, le chancelier est beaucoup plus cassant et autoritaire que les négociateurs habituels issus du Saint Siège. A Calais il n'apprécie par le (double) jeu des ambassadeurs pontificaux et il le fait savoir avec mépris. DUPRAT ne sera donc pas beaucoup apprécié à Rome, et particulièrement de Leon X. Les choses changent avec Clement VII au moment de la Ligne de Cognac, ce qui motive l'obtention de sa toge de cardinal. Le 15 Octobre 1527 le cardinal Ricolfi fait l'éloge du chancelier du Roi de France en des termes superlatifs et cicéroniens. Mais il faut dire que le pillage de Rome par les soldats de Charles Quint jette objectivement l'Eglise Romaine dans les bras de la cour de France. Pas pour longtemps cependant, puisque Clement VII finit par s'allier avec l'Empereur, son vainqueur, contre François 1er. La défection de la flotte Gênoise d'Andréa DORIA, que les Du BELLAY mettent sur le compte d'une erreur de DUPRAT (cf: Memoires de G et M du Bellay) est une catastrophe pour la france. Mais les petits états tels que Florence, Venise, Milan, Mantoue comptent sur François 1er. Ils attendent subsides et armes. Et ils n'aiment pas le chancelier, qui compte si chichement les deniers de l'Etat, et ne paraît pas convaincu de l'importance de la politique Italienne de son roi. L'ambassadeur de Florence s'en plaint amèrement. Mais rien n'y fait. DUPRAT a décidé de faire de la résistance passive par des maneuvres dilatoires. Et la paix de Cambrai signée en 1529, par laquelle le roi renonce à l'Italie semble justifier à postériori son analyse....
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