Biographie d'Antoine DUPRAT - Diplomate au service du Pouvoir - (2/4)

Le Chancelier Antoine Duprat


ANTOINE DUPRAT
1463 -1535

deco

musique ! musique !
e 7 Janvier 1515, à l'avènement de François 1er, Antoine DUPRAT est fait chancelier du roi. C'est le sommet de sa carrière. Cette fonction l'amène à exercer de fait la direction de l'action juridique et politique du pouvoir royal. Garde des sceaux, il examine tous les actes royaux portés à sa signature. Il ne faillira jamais à cette tâche, et ne refusera aucune décision de François 1er, même les plus discutables. En tant que surintendant de la justice, il est aussi le chef suprême de la magistrature, et siége de fait au Parlement de Paris, où il se rend dans les grandes occasions, afin de faire passer la volonté du Roi. Sa vie entière est tournée vers le service de ce monarque, avec comme objectif l'accroissement du pouvoir de son souverain. Et comme comme but second l'accroissement de sa propre richesse. Sur ces deux plans ce sera un succès

DUPRAT ET LA DIPLOMATIE

'est une activité qu'il craint pourtant par dessus tout, car elle l'oblige à s'éloigner de la cour, source de tout pouvoir et des intrigues qui pourraient le supplanter. C'est la raison pour laquelle il répugne à s'écarter très longtemps de l'entourage de François 1er. Il préfère laisser à d'autres le soin de finaliser les accords dont il jette les grandes lignes avec ses interlocuteurs. C'est un négociateur tenace, mais il donne trop à voir son intransigeance, et il s'impatiente vite. Il semble désemparé devant le sang froid et la vigueur retorse de Wolsey (Le Chancelier d'Henry VIII ) comme il se montre brutal et impatient devant les subtilités très " florentines " des Italiens. Mais il ne s'entend pas mieux avec les deux frères Du Bellay. Il est vrai que bien des aspects les opposent : caractère, naissance, goût de l'engagement, aspect physique....
La force de Duprat, ce sont ses dossiers, précis, bien préparés. Sa patience est sans limite, sa volonté d'aboutir est infatigable.

LES HAUTES OEUVRES
ncien président du Parlement, DUPRAT méprise son corps d'origine et jette toutes ses forces pour affaiblir ses compétences et les réduire au seul domaine juridique. Cette orientation va se marquer dès le début de sa carrière politique, c'est à dire dès 1515, au moment du Concordat. Comprenant vite où se trouvent les intérêts complémentaires du Pape et du Roi de France, DUPRAT trouve un accord auquel le Parlement s'oppose. Il l'oblige alors par la force à ratifier ce traité qui donne à François 1er un pouvoir sans pareil dans l'histoire de la royauté. De ce pouvoir DUPRAT bénéficie aussitôt en se faisant accorder les bénéfices de 5 évêchés et deux abbayes. Le Parlement a de la mémoire : son opposition farouche, on va la retrouver dix ans plus tard au moment de l'attribution de l'archevêché de Sens et de l'abbaye de St Benoit, en s'opposant à la candidature de..... l'évêque Antoine DUPRAT !. Mais encore une fois, il gagnera.
DUPRAT va pourtant connaître des échecs. Le plus cuisant est l'éviction de François 1er à l'élection pour la couronne impériale (28 juin 1519). Mais les causes principales de ce camouflet viendront en grande partie du roi lui-même (voir François 1er).
En 1520 il fait la connaissance du Cardinal WOLSEY à l'occasion du fameux camp du Drap d'Or et de la conférence de Calais, suite à la guerre de Flandres. L'alliance conclue secrètement entre l'Angleterre et l'Empereur Charles Quint ne le surprend pas totalement malgré le magistral manège diplomatique en forme de rideau de fumée mené par WOLSEY. Mais il n'a pas su l'empêcher, et il semble clair après ces deux échecs que DUPRAT n'est pas à son aise comme négociateur de terrain. De fait, il ne sera plus jamais envoyé comme chargé de mission diplomatique, car il préfére un tout autre moyen de négociation avec lequel il ne craint personne : l'argent.
En 1525 le Roi devient captif, après le désastre de Pavie. Duprat manque d'être déposé par le Parlement qui l'accuse d'être la cause de la défaite. Mais toujours soutenu par Louise, qui est régente du Royaume, Duprat intervient dans la querelle juridique sur les possessions et les prétentions des uns et des autres (Charles sur la Bourgogne, et François sur le Milanais) en préalable à la négociation du Traité de Madrid. Il négocie aussi le traité d'alliance avec l'Angleterre, et surtout se charge de le faire passer au Parlement, réticent devant les concessions accordées aux Anglais. Puis c'est la création de la Ligue de Cognac, ou Sainte Ligue comprenant l'Angleterre, le Pape, et les Etats Italiens, à laquelle il est associé (22 MAI 1526). DUPRAT en est récompensé : et c'est WOLSEY lui-même, qui au nom du Pape, le fait Cardinal en Aout 1527.
Le 12 Decembre 1527 le roi réunit tous les corps pour expliquer les conditions de la signature du traité avec l'empereur, et réclame le payement de 2 Millions d'écus pour la libération des princes. DUPRAT va s'occuper des conditions matérielles du rassemblement de cette somme. Les négociations vont cependant prendre trois ans pour aboutir à la libération des enfants du roi.
Au crédit de DUPRAT, il faut rappeller qu'il est conscient des passions vengeresses du roi, et il l'adjure de se prononcer pour la PAIX par deux lettres, datées des 7 et 9 Octobre 1528.
Le 5 Aout 1529 il préside la conférence de Cambrai où est enfin signée la Paix des Dames entre Louise de Savoie et Marguerite d'Autriche

(Publicité)
page precedentepage suivante
MONTAIGNE ET LA RENAISSANCE I LYON RENAISSANCE I ACTUALITES RENAISSANCE
I MULTIMEDIA RENAISSANCE I
Mentions Légales I Devenir Sponsor ? I Publicite I I Générique
Droits de reproduction et de diffusion reservés
© Renaissance-France.Org