La CONTRE REFORME (1/5)


LA CONTRE-REFORME

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REFORME OU CONTRE-REFORME ?

e terme de CONTRE-REFORME désigne tout à la fois les mesures prises par l'Eglise de Rome pour corriger ses abus et tenter de contrer la montée du protestantisme. Il a été inventé par des historiens au XIXe siècle. Cette évolution sémantique pourrait laisser imaginer un aspect exclusivement défensif, sinon offensif de l'activité de l'Eglise du milieu à la fin du Seizième Siècle. Une Réforme Contre. Or cela n'est pas complètement exact. Et pour plusieurs raisons : tout d'abord les nécessités d'une Réforme de l'Eglise avaient été réclamées bien avant que Luther n'affiche ses 95 points sur l'église de Wittemberg (voir l'article Réforme). D'autre part, l'Eglise ne dispose pas de moyens militaires suffisants pour s'opposer aux protestants (se rappeler du mot fameux de Staline au XXe siècle : "l'Eglise ?, combien de divisions ?"). Au seizième Siècle, la Papauté n'est pourtant pas sans ressources militaires, et les Pape Sixte IV ou Jules II montreront des dispositions pour la guerre au sein des étaits Italiens afin de récupérer ou conforter les Etats Pontificaux. Mais hors d'Italie, un conflit est impossible. Pour faire appliquer par la force ses condamnations dogmatiques, Rome dépend du bras armé des Etats dans lesquels se développent les Eglises luthériennes et calvinistes. Or la question de la souveraineté sur l'Italie empoisonne les rapports entre le Saint Siège et les rois d'Allemagne et de France. Les troupes de Charles-Quint iront même jusqu'à prendre et mettre à sac Rome et le Vatican en 1527. Clément VII devra se soumettre à l'Empereur, lui remettre Parme, Plaisance et Modène, et le ceindre des couronnes d'Allemagne et d'Italie à la grande fureur de François 1er. Le bras de fer entre les deux rois pour la question italienne va jouer toute la première moitié du Seizième Siècle sur le soutien ou l'indifférence de l'un ou de l'autre au schisme protestant qui se développe. Elle pourrait expliquer en partie les échecs des légats envoyés aux diètes de Nuremberg (1524), de Spire (1526) et d'Augsbourg (1530). Il y aura, bien entendu, des mesures permettant la répression des protestants. Mais la création de l'Index ou la réactivation de l'Inquisition ne peuvent avoir de portée concrète sans l'accord et la participation active des Princes.
L'action anti-schismatique est avant tout une question de haute politique. De ce point de vue, on peut dire que le fait que Marie de Médicis, nièce du Pape Clément VII devienne Reine de France, est un acte politique réussi pour le Vatican. Cependant, la raison d'Etat n'est pas celle de l'Eglise, et Marie de Médicis devra savoir composer avec le mouvement calviniste français. Une autre possibilité utilisée est l'incitation financière. C'est ce que tente le pape PAUL III en aidant la campagne militaire de Charles-Quint à hauteur de 300.000 ducats et de 20.000 hommes d'infanterie. Mais cette stratégie de "containment" ( comme la pratiquèrent au XXe siècle les Américains face au communisme), n'aurait pas pu être efficace s'il n'y avait eu de l'intérieur une vraie foi . S'il est possible de vaincre militairement des Princes rebelles, c'est un tout autre problème que de faire changer de croyance des hommes par la force. L'exemplarité de la foi et de ceux qui la prêchent est ici primordiale. Et celle-ci avait besoin d'être réformée. C'est ce qui s'est développé, avec ou sans l'impulsion de la Papauté.
Le terme de CONTRE-REFORME, est passé maintenant dans la langue, et il a une utilité évidente. Mais si ce que recoupe ce mot a bien un volet répressif, l'Eglise n'aurait jamais pu réussir à se maintenir si il n'avait eu aussi un volet réformateur. La question est de savoir si la Réforme-Contre l' a emporté sur la Réforme-Pour, et quelles conséqences cela entraînera pour l'Europe et l'histoire politique des Etats...

REACTIONS AVANT LE CONCILE

ès 1517 un certain nombre d'ecclésiastiques et de laÏcs se réunissent à Rome dans une fraternité appelée Compagnie ou ORATOIRE DE L'AMOUR DIVIN avec St Jérôme comme patron. Ils pratiquent les vertus de piété et de charité, sans pour autant abandonner leurs activités courantes. La Compagnie crée des filiales dans plusieurs villes d'Italie, dont Vérone, Vicence, Brescia et de ses membres actifs, Gaétan de THIENNE et Jean Pierre CARAFFA, le futur Pape PAUL IV, ont l'idée d'un ordre plus strict, impliquant l'arrêt des activités dans "le Siècle", et créent un ordre de clercs réguliers qui prend le nom de THEATINS (Carrafa était l'archevêque de Theato ou Chieti). Leur but est de mener une vie de communauté vouée à la chasteté, la pauvreté et l'obéissance, et de donner ainsi l'exemple d'une conduite chrétienne parfaite. Les membres en sont sélectionnés soigneusement pour leurs qualités intellectuelles. De ce fait, beaucoup terminèrent leur carrière comme évêques. Ce fut, avant les Jésuites, comme une sorte d'Ecole Nationale d'Administration de l'Eglise Catholique Romaine.

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