LE CLERGE AU XVIè SIECLE

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n 1517, le pape Clément VII est un peu excédé par les Franciscains qui se querellent entre les tenants d'un ascetisme d'anachorète et de mendiants, et ceux qui préfèrent la vie de communauté. Il décide donc de réunir les petits groupes en une seule branche. C'est ainsi que naissent deux Ordres différents, obéissants tous deux à la Règle de saint François :
- Les Conventuels : successeurs des frères de la Communauté, qui acceptent des aménagement de la Règle en fonction du présent, quitte à renier certaines exigences de saint François
- Les Observants : frères qui veulent vivre au plus près de l'expérience de saint François.
En 1525, des frères de l'Observance se séparent car ils trouvent leur groupe encore trop timide et souhaitent vivre une vie de prière plus intense : c'est le début des Capucins.
Ces Capucins portent l'habit à "capuchon pointu", ou "capuccinis". Ce sont les descendants de ces franciscains du courant dit "spirituel" que les Papes précédents avaient persécutés (1322) et parfois brûlés.

L'ordre redevient à la mode. Mêlés à la population, ses membres interviennent en bateleurs de foules, en crieurs populaires, en harangueurs et prêcheurs de foires et de marchés . Leur succès est important. D'autant qu'ils jouent de l'humour et de la parabole dans leurs prêches.

LES DOMINICAINS

es Dominicains, ont pour fondateur Dominique de GUZMAN, un espagnol né aux environs de 1170 en Castille. La règle et la mission dominicaine sont imprégnées d'un pragmatisme et d'une volonté de conquête, qui fera aussi la fortune de l'autre grand espagnol, le mystique et militaire Ignace de LOYOLA.
L'objectif de la mission dominicaine est double : conquérir les âmes, mission extérieure, méditer et apprendre, mission intérieure. Cette complémentarité en fait un ordre d'élite, qui va mener pour le Pape toutes sortes de missions d'évangélisation et de soutien à la foi. Y compris par l'Inquisition. Leur première mission sera de lutter contre l'hérésie cathare. Dominique GUZMAN établira sa première congrégation dans l'église Saint Romain de Toulouse vers 1216. Les Frères Prêcheurs, les "hommes en blanc", comme les appelle Jules Michelet se retrouveront par la suite sur tous les fronts bien avant que les "hommes en noir " - les Jésuites - ne les supplantent au Seizième Siècle. C'est ainsi qu'on les retrouve à la Renaissance faisant les collectes d'indulgences en Allemagne, ou accompagnant les nefs et les troupes armées de la Conquista espagnole vers le continent Sud Américain. Ils cartographient, étudient, et parcourent le monde au nom de la foi, mais toujours au nom et dans l'ombre des Princes. Bartolomé de LAS CASAS, protecteur des Indiens sera de leur congrégation. Et c'est à l'invitation de l'empereur Charles Quint qu'il participa à la fameuse Controverse contre l'helleniste Juan Jinez de Sepulveda. Celui-ci justifiait la conquête et l'extermination des indiens par leur " infériorité raciale évidente". La joute se déroula d'août 1550 à avril 1551 au couvent des Dominicains de Valladolid. L'enjeu n'était pas mince puisque la Couronne d'Espagne s'engageait à se conformer aux thèses victorieuses. Aucune des parties n'arriva à gagner, mais l'action de Las Casas fit pourtant fléchir le pouvoir au profit des derniers survivants des peuples indiens décimés. Ses écrits et le récit de sa vie (Histoire des Indes) furent sans doute plus déterminants que cette Controverse ( dont le scénariste Jean-Claude CARRIERE tira une fameuse dramatique télévisuelle ).

LES CISTERCIENS

n moine bénédictin traditionnel, Robert de MOLESME, crée en 1075 "Le Nouveau Monastère", qui deviendra CITEAUX. Un jeune novice prénommé BERNARD rejoindra cette communauté en 1112 . Il deviendra l'abbé de CLAIRVAUX, première abbaye fille de CITEAUX. Réagissant à la corruption des mœurs monastiques de la maison mère, le futur St BERNARD décide de revenir à l'idéal de St BENOIT et applique rigoureusement la règle édictée plus de 500 ans auparavant. Ce retour à l'austérité enflamme les têtes de ces CISTERCIENS. Au point de créer des déviations fanatiques telles que les "brouteurs", moines qui erraient en broutant l'herbe, les "reclus", qui se faisaient enfermer, les "stylites", qui vivaient sur un pilier de pierre. Mais ce retour à la pureté de la foi Bénédictine produit aussi des effets de dépouillement sur l'architecture religieuse, la décoration et l'art.

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