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LE CLERGE AU XVIè SIECLE
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maginés en 1525 en Espagne par Ignace de Loyola, réunis à Paris autour de lui à Montmarte en 1534 pour prononcer leurs voeux, les fidèles d'IGNACE vouent au Pape une obéissance "spéciale", qui va au-delà de tout engagement monastique classique. Cette obéissance ira parfois contre leurs propres intérêts locaux, les rois voyant d'un oeil suspiscieux ces formateurs des élites ne rendre de comptes qu'au représentant de Dieu à Rome, et non à leur propre autorité, fût-elle religieuse. Les Jésuites prennent de toutes les autres congrégations les qualités qui en font un odre d'élite, de moines soldats de la foi au service de la chrétienté. Pragmatisme, Foi sans faille, Dévotion totale, abandon de soi et obéissance au-delà de la mort jusqu'au péché mortel, sont leur Règle. "AD MAJOREM DEI GLORIAM" (Pour la plus grande gloire de Dieu !) clament les membres de l'ordre noir des Jésuites. Cette mission les conduira sur les chemins les plus reculés de la terre, et souvent jusqu'aux chemins de la mort en martyrs du christianisme. Comme les Bénédictins, ils ont une réputation de haut niveau intellectuel.
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UNE FORMATION POUSSEE |
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a formation des Jésuites est spécifique : les anciens ordres ne réclamaient qu'un an de noviciat avant la profession solennelle. Mais le futur Jésuite doit d'abord subir une probation de deux années, au bout desquelles il émet les premiers voeux qui constituent le premier degré, celui des scolastiques, pour ceux qui sont désormais destinés à la prêtrise, ou des coadjuteurs temporels approuvés qui eux seront employés aux offices domestiques. Ils doivent ensuite consacrer cinq années à l'étude de la philosophie et des sciences (scolasticat) plus cinq années où ils doivent s'adonner au professorat, quatre à cinq années encore en étudiant la théologie les mènent vers le sacerdoce. Pour parachever cette formation le Jésuite doit retourner au noviciat pour une troisième année de probation consacrée aux Exercices Sprirituels. Enfin, il sera admis soit comme coadjuteur spirituel à renouveller les trois voeux prononcés, soit comme profès, à y ajouter un quatrième voeux, celui d'obéissance au pape. Les coadjuteurs spirituels remplissent les même ministères que les profès, mais seuls les profès peuvent obtenir aux charges principales de l'Ordre. Ces charges hiérarchiques sont le généralat , le provincialat, et la supériorité des maisons professes . A la tête de la compagnie se trouve un "Général", élu à vie. Il nomme les Provinciaux, chargés des régions, les Préposés aux maisons professes et les Recteurs des collèges et séminaires. Tous les supérieurs doivent à époque fixe lui faire des rapports. Il en est de même pour les Consulteurs ou conseillers d'office des supérieurs. Il est aidé dans sa tâche par six conseillers ou assistants qui l'aident dans un groupe de provinces qu'on appelle des Assistance . Ainsi il y a les assistances d'Italie, de France, du Portugal, d'Espagne et de Pologne. Le pouvoir du Général n'est pas absolu: il y a au-dessus de lui la Congrégation Générale qui contrôle son administration et peut le révoquer si nécessaire. Elle a aussi pour fonction d'édicter une législation de l'Ordre.
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UN ORDRE CONTESTE
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es Jésuites vont produire au cours des siècles un énorme travail de formation des élites dans leurs collèges, et des écrits importants, que ce soit dans le domaine de la foi comme dans ceux des sciences ou de la réflexion socio-politique. Dès la fin du Seizième, d'ailleurs, ils seront condamnés par le Parlement de Paris pour un écrit de Mariana, un jésuite Espagnol qui publie "DE REGE" en 1599. Pourquoi ? Il y justifie le meurtre des rois tyranniques. Le "Rendez à César ce qui est à César" n'est plus de mise : les Jésuites descendent dans l'arène de la chose publique. Avec parfois une vision que des utopistes voire des communistes ne renieraient pas (voir le film "Mission" de R.Joffé) Leur rôle dans le meurtre du roi de France Henri III par leur élève Jacques Clement paraît évident .
Visage contrasté, donc, au regard de l'Histoire, que cet ordre à la fois novateur et dévoué corps et âme à une hiérarchie et une transcendance religieuse. Jules MICHELET n' aimait pas les Jésuites. Il publia (avec Edgard Quinet) en 1843 un livre contre leur ordre. Sans doute sentait-il, au-delà de leurs pouvoirs négatifs certainement surestimés, ce qu'une soumission totale à une transcendance incarnée par un homme pouvait créer de danger pour une République laÏque qu'il chérissait, et pour un Humanisme fait de rationnalité, de tolérance et d'acceptation de la différence.
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