|
|
|
|
|
|
|
 |
GUILLAUME BUDE 1468 -1540

|
 |
 |
 |
|
L'HOMME LE PLUS SAVANT DE FRANCE |
|
|
|
onsacré de son vivant comme le plus grand Humaniste (connaisseur du Grec et du Latin) savant et homme de lettres de la France du XVI ème siècle, Guillaume BUDE est, entre autres choses, le père du Collège de France. « Nous vous avons représenté la philologie comme une fille pauvre qui était à marier et nous vous avons prié de lui faire une dot ». C'est ce qu'il écrit dans une lettre à François Ier en 1529.
Le roi finira par accepter sa demande en 1530 et crée ce collège où va enseigner l'élite des savants de France sous le nom de Collège des Lecteurs Royaux. Cette institution est conçue très clairement comme un moyen de contourner les interdits lancés par les théologiens de la Sorbonne à l'encontre de l'enseignement des langues grecques et hébraïques. A ce titre, mais pas seulement, Guillaume BUDE est donc un personnage clef dans la lutte que se livrent à Paris les Humanistes et les Théologiens entre 1523 et 1535..
|
|
|
UN AUTODIDACTE PASSIONNE
|
|
|
é le 26 Janvier 1468 à Paris, d'une famille bourgeoise, BUDE fait ses études de droit à Orléans. Quelques années plus tard, se prenant de passion pour la langue grecque ancienne, il l'apprend presque seul, travaillant jour et nuit, accumulant fiche par fiche des connaissances qui seront la base de toute son uvre écrite. De cette vie entière passée au service de l'étude, il fait un idéal, voire une mystique, dont il ne cesse de faire l'apologie. On prétend que le jour même de son mariage, il exigea de pouvoir s'enfermer dans son cabinet de travail pour lire au moins deux heures afin, disait-il, de ne pas perdre sa journée.
Selon BUDE, l'homme idéal, mais aussi l'homme Saint, est un homme de savoir. Mais comme on va le voir la sainteté n'est pas exempte de compromissions.
|
|
|
UN HUMANISTE PROCHE DU POUVOIR
|
|
|
ais c'est très concrètement dans le domaine du politique que selon lui doit s'exercer la réalité du pouvoir que confère ce savoir. On en retrouve le concept dans son "De Philologia", écrit en 1532, qui met en scène le roi et Budé plaidant devant lui la cause de la philologie. En cela il est un peu le miroir inverse (et laÏc) des théologiens de la Sorbonne, qui derrière leur discours sur les choses de la foi, ne rêvent que d'exercer un contrôle sur les corps aussi bien que sur les âmes. On retrouve chez BUDE cette idée qui effleure le siècle, et que MACHIAVEL, RABELAIS, Thomas MORE, ERASME et bien d'autres développent aussi : celle de la justification des élites par leur formation (donc leur mérite). Le concept en soi est presque révolutionnaire et il le sera vraiment deux siècles plus tard puisque c'est la Bourgeoisie savante (avocats, médecins, hommes de lettres) et la Noblesse "éclairée"qui reprendront les concepts qui mèneront à la Révolution Française. Mais cette fois le concept sera dégoupillé par LOYOLA et les Jésuites, pour la plus grande gloire de Dieu, de la Contre-Réforme, et de leur ordre qui va instruire, former et soulager les consciences des élites nobles et des royautés de la chrétienté.
|
|
|
CONCILIATEUR ET HOMME DE COUR |
|
|
UDE est secrétaire à la cour sous Charles VIII, puis sous Louis XII, et devient maître des requêtes et maître de la librairie du roi François 1er. Cette position est une chance pour les études philologiques en France. BUDE donne des instructions aux ambassadeurs du Roi, afin qu'ils repèrent, copient ou achètent tous les manuscrits anciens, grecs ou hébreux, dont ils pourraient avoir connaissance dans leurs voyages. La bibliothèque royale devient grâce à lui une des plus grandes d'Europe en la matière.
Mais une telle longévité si près du pouvoir nécessite certaines qualités d'adaptation et de souplesse, qui peuvent se transformer en une trop grande soumission aux vents dominants. Marié, père de douze enfants, devant gérer de nombreux biens, BUDE n'a évidemment pas le profil d'un extrêmiste ou d'un révolté. S'il tente de former son Roi, il finira sans doute par donner des gages de sa (bonne) foi aux théologiens qui cherchent à le déstabiliser. Dans le "De Transitu", qu'il écrit en 1534-35, on peut voir la contradiction dans laquelle il tente d'échapper entre la valeur de la culture profane et sa soumission à la transcendance divine. Mais comment échapper à la réalité d'une société elle-même dominée par la pensée religieuse ? A ce même moment se déroule l'affaire dite "des Placards", et BUDÉ constate avec effarement les débordements de violence du conflit religieux. Il va prendre son parti: Il adjure alors avec force ses lecteurs de se convertir - bien évidemment pas à la Réforme Luthérienne - et entre dans le silence.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
   |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|