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l fut expéditif : "par grande diligence fut procédé par lesdictz commissaires à son procès. Tellement qu'à cedit jour de vendredi, seizième avril mil cinq cens vingt neuf, après Paques, la sentence luy fut prononcée qui estoit en latin..." Michelet parle de verdict politique, presque clément. Qu'on en juge . La sentence était la suivante : Berquin devait renier ses erreurs sur le parvis de Notre Dame, être déchu de tous ses titres universitaires, avoir la langue percée et être marqué d'une fleur de lys au front, être enfermé à perpétuité sans de quoi lire ou écrire. Bien entendu, et comme il est d'usage en ce siècle, Berquin est condamné à voir ses livres brûlés en place de Grève. Et on comprend mieux pourquoi ses ouvrages sont introuvables.
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t, coup de théâtre, Berquin fait appel. En bon juriste il sait pourtant qu'il n'y a pas droit. Ici il faut se mettre à la place de l'homme Berquin. A lire certains auteurs, on a parfois de lui une image de jeune irresponsable, colérique, vaniteux, imbu de son rang et de la relation d'amitié qui le lie au roi. Ce qui l'amènerait à défier ses juges par bravade, par mépris pour leur veulerie face à l'autorité royale. Cette vision semble parfaitement réductrice. Elle va, au fond, dans le sens de ses accusateurs, dans le sens de Beda pour qui toute opinion nouvelle est une opinion qui défie l'autorité. Une chose semble certaine : Berquin a le profond sentiment d'avoir raison. L'intelligence est de son côté, et il le sait. Mais ce n'est pas sur ce terrain qu'on va le condamner. D'ailleurs le débat théologique a-t-il été ouvert au procès ?. On le condamne, parce qu'il possède des livres interdits (ce pourquoi la "trouvaille" de Beda est intéressante) . Par ailleurs, cette image d' hystérique infantile cadre assez mal avec son âge (près de cinquante ans, ce qui au seizième siècle est déjà un âge avancé) son passé de militaire, et celui de conseiller du Roi. Enfin, comment ne pas voir que cet entêtement en rappelle un autre, celui du fameux " E pur si muove ! " (et pourtant, elle tourne ! ) de Galilée ?. Une chose encore paraît évidente : en choisissant de faire appel, c'est à dire en choisissant la mort, Berquin se choisit possiblement un Destin. Mettre sa propre vie en balance de ses idées, quelle plus belle preuve de leur justesse ?
Le résultat ne se fait pas attendre : Berquin est condamné à mort et condamné. Par mansuétude, la cour l'autorise à être étranglé avant d'être brûlé. Le Roi qui n'est pas à Paris ne bougera pas. Lâchage politique ? Lassitude ? Manque d' information ? Nul ne sait.
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