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LOUIS DE BERQUIN 1485 -1529

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DEUXIEME ARRESTATION ET INTERVENTION DU ROI
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l est envoyé à la Conciergerie le 24. Nouvelle perquisition dans sa bibliohtèque. On y trouve quelques ouvrages de Luther annotés. Par malheur, François 1er est à ce moment même dans les geôles de Charles Quint à Madrid. Il est dans l'incapacité de lui venir en aide. Louise de Savoie, la mère du Roi, et Marguerite de Navarre, sa soeur, vont tenter d'intervenir. Elles font pression pour que l'exécution ne puisse pas avoir lieu avant le retour du Roi. Dès la libération , et son franchissement de la Bidassoa, le 17 Mars 1526, François 1er fait envoyer un messager pour faire pression sur les juges afin qu'ils le libèrent. Mais BERQUIN est déclaré hérétique et récidiviste par ses juges. L'autorité civile se doit d'exécuter la condamnation. Le Roi ne l'entend pas ainsi, et il demande à sa garde personnelle d'extraire son protégé par la force des geôels du Chatelet. Les Archers du Roi l'emmènent au Louvre , où il va bénéficier d'une garde rapprochée afin d' éviter toute tentative de reprise. Marguerite de Navarre obtiendra finalement l'élargissement du condamné BERQUIN.
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APPEL DE BERQUIN |
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erquin, qui est juriste de formation, est insatisfait de cette solution de non-droit. Et, non content d'avoir échappé in extremis à une exécution imminente, ou peut-être à cause d'elle, il attaque ses juges comme s'il s'agissait d'un procès au civil. Le Roi ne peut mieux faire que de composer une commission mi-ecclésiastique, mi-civile pour juger de l'affaire. Budé qui est aussi juriste (Il est Maître des Requêtes) fait partie de cette commission. Par chance pour Berquin, la politique extérieure changeant, et les rapports avec le Pape devenant plus distendus, le roi décide de révoquer les juges ecclésiastiques. On peut aisément imaginer les hurlements de rage de Beda, contre lequel Berquin avait fait paraître un pamphlet qui prouvait que Beda lui-même était hérétique (sans doute une traduction d'Erasme). A la demande du Roi, et au grand dam de Beda, cette accusation d'hérésie doit être examinée par l'Université entière, toutes Facultés confondues. Quelle humiliation ! Erasme avec qui Berquin correspondait aurait souhaité qu'il en reste là et qu'il laisse passer l'orage. Mais Berquin s'entête : c'est sur le principe qu'il veut se battre. Il veut un procès qui lui donne entièrement ( et théologiquement ) raison. Et il accepte de comparaître pour son procès en 1528. Le Chevalier est à nouveau incarcéré à la Conciergerie au début Mars 1529.
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JUSTICE ET HAUTE POLITIQUE
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ar malheur pour Berquin la situation politique change à nouveau radicalement. Duprat a réuni des conciles provinciaux qui ont mis en lumière la peur de l'hérésie et l'exigence de poursuites. La mutilation de la statue de la rue des Juifs (ou rue du Roi-de-Sicile) , qu'elle soit une opération manipulée ou non, a montré au roi et à l'opinion combien le peuple de Paris était attaché à ses valeurs traditionnelles (voir 1528). Beda rameute les forces traditionnalistes, et compte faire de ce procès l'occasion de donner un coup d'arrêt symbolique à ce qu'il considère comme une hérésie flagrante. Mais surtout, après le pillage de Rome par les troupes allemandes de Charles Quint, et la prise d'otage du Pape, François 1er a trouvé l'occasion unique de retourner toute la chrétienté contre son ennemi personnel et assouvir une vengeance qu'il a du se jurer d'obtenir pendant les six mois de captivité dans les geôles de l'Empereur. En aucune manière il ne doit se montrer contraire au Pape, force morale considérable, qui seul pourra donner le signal d'une punition collective contre Charles Quint. De son point de vue l' affaire Berquin tombe au plus mal.
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BERQUIN EN MAUVAISE POSTURE |
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es choses tournent en effet très mal pour Berquin. Enfermé dans sa cellule, au pain sec et à l'eau, il ne reçoit que de mauvaises nouvelles. Et des surprenantes . Le "journal d'un bourgeois de Paris" (pp244-245 et 363-364) en donne une relation : " Or advint il une chose, qu'on estimoit lors miraculeuse...: un serviteur du Chevalier s'évanouit (devant une image de la vierge) alors qu'il était porteur de "quelques lettres missives addressantes à quelque sien amy familier" Les lettres sont communiquées à un Jacobin, "homme de bien", qui prêchait le carême en l'église Saint Barthélémy, et transmises à ......BEDA !. Ce qui fait dire à l'historien Michelet qu'il n'y a pas de hasard en la matière. Que contenaient ces lettres ? On ne sait. Mais Beda les transmis en "grande diligence" (on s'en serait douté) au Parlement . S'agissait-il de "lettres" divulgant l'endroit où des livres interdits auraient été cachés dans l'appartement parisien de Berquin ? Et de quels livres s'agissait-il ? La seule chose qu'on sache, c'est que "neanmoins le dict serviteur ne mourut pas de ceste maladie" Candeur de la part du Bourgeois de Paris, ou indication ironique ? Ce coup de pouce du destin semble trop opportun à BEDA pour que l'historien Michelet n'y sente pas une manipulation, et la découverte de livres interdits en l'absence de l'intéressé a tout d'un coup monté. Rappelons que chez les théologiens de la Sorbonne existait dans la bibliothèque une sorte d'"enfer" où on rangeait un exemplaire de tous les ouvrages ayant été jugés hérétiques. Après tout, il suffisait de se servir... C'est en tout cas la thèse du scenario. Revenons à l'Histoire : Le 13 Avril, Guillaume BUDE vient le visiter dans sa cellule. C'est ce que relate toujours le "Bourgeois de Paris", écrivant que BUDE le conjura de ne pas s'opposer à ses juges, pour s'éviter ainsi l'arrêt de mort...
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