Biographie de Louis de Berquin, Chevalier et Humaniste (2/3)

Supplice d'Antoine Du Bourg


LOUIS DE BERQUIN
1485 -1529

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musique ! musique !

BERQUIN ET LES FEMMES

i BERAULT et BERQUIN furent très proches, et même affectueux dans leur correspondance, il est impossible de dire jusqu'où alla cette amité. Le fait est que BERQUIN, tout comme ERASME, son maître à penser, est resté célibataire jusqu'au bout de sa vie. De là à imaginer comme pour ERASME des amitiés amoureuses, ce n'est pas impensable. Mais Il faut aussi rappeller que les relations amoureuses homme-femme de l'époque étaient empruntées de suspicion. Or c'est justement à cette suspicion que répond en partie ERASME en écrivant la "Declamation des Louenges de Mariage"...Le paradoxe veut tout de même que ce soient deux célibataires religieux qui, l'un écrive et l'autre traduise en français cet ouvrage ! Mais il faut ravaler son ironie : Pour l'époque, il s'agit d'une oeuvre de combat avant-gardiste. Cet opuscule d'ERASME , et sa traduction par BERQUIN va provoquer un tollé du côté des Théologastres qui vont le condamner pour incitation à la concupiscence, pour dénigrement de l'idéal de chasteté et de pureté, pour attaque indirecte contre la règle monastique. Dans cette affaire, ce sont les femmes qui sont en réalité leurs alliés.

BERQUIN BIBLIEN
omme ses amis humanistes, et tout comme Erasme, sa pensée religieuse l'amène vers une attitude critique, soucieuse d'une recherche de vérité provenant des textes eux-mêmes . On le retrouve ainsi lié aux Bibliens du cercle de Meaux, menés par Guillaume Briçonnet, correspondant et ami de Marguerite de Navarre. Là il y prêche avec d'autres figures de la Réforme comme Farel, comme Lefèvre d'Etaples... Cette recherche d'intériorité de la foi et de vérité, l'éloigne des manifestations ostentatoires du culte. Elle est doublée chez lui d'une sorte d'impétuosité et de volonté qui vont l'amener à s'opposer à ses ennemis, sans prendre les précautions les plus élémentaires. Pourfendeur des traditions, BERQUIN s'oppose naturellement aux théologiens de la Sorbonne, gardiens de l'orthodoxie Romaine. Mais l'opposition dépasse le débat religieux, et c'est sans doute pour un opuscule vengeur qu'il se fait arrêter une première fois en 1523 par la Faculté. On n'a plus de trace de cet ouvrage, que certains historiens estiment être un livret mettant en doute la virginité de Marie. Mais au-delà du débat, il semble clair que l'ex-soldat BERQUIN a vu en BEDA et la faculté de théologie de la SORBONNE, la ligne ennemie qu'il s'est proposé de prendre d'assaut. Une personnalisation du conflit s'en est sans doute suivie

UN COMBATTANT DE LA MODERNITE

n Aout 1523, BERQUIN est libéré suite à la pression du Roi. Il signe un parchemin dans lequel il reconnaît avoir possédé des ouvrages de LUTHER. Et il demande qu'on lui rende tous les autres. Parmi ces ouvrages rendus, il y a bien entendu ceux d'ERASME. Car il est devenu le traducteur au moins officieux de l'intellectuel Hollandais. Certains pensent que ces traductions auraient été commandées par le Roi lui-même, désireux de voir éditées en Français les oeuvres du "Prince des Lettres" (Erasme). Ce fait expliquerait plus aisément pourquoi le Roi interviendra à plusieurs reprises en sa faveur. Ce n'est qu'une supposition. On ne peut pas non plus écarter la dimension de séduction et le charisme personnel de l'homme. Le Roi aime les personnalités fortes, les artistes, les novateurs, les bretteurs. BERQUIN bretteur de l'Humanisme ?

DEUXIEME PERQUISITION

ais façe à BERQUIN, il y a des hommes qui ne plaisantent pas. Une nouvelle perquisition est opérée à son domicile parisien en 1525 . On y trouve des ouvrages divers dont ceux d'ERASME. Le Hollandais commence à être un personnage soupçonnable pour les Théologastres Sorbonicoles (comme Rabelais les nomme) Les critiques se font de plus en plus virulentes devant les thèses Erasmiennes. La cote de BERQUIN baisse d'autant. Son intouchabilité aussi. La perquisition n'aura pas de suites immédiates, mais c'est un avertissement supplémentaire contre les Humanistes. BERQUIN continue de prêcher sa vision de la foi autour de lui. L'évêque d'Amiens s'inquiète de son prosélytisme Biblien, et le fait arrêter au chateau de Rambures le 8 Janvier 1526.

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