Biographie de Louis de Berquin Chevalier et Humaniste - (1/3)

Supplice d'Antoine Du Bourg


LOUIS DE BERQUIN
1485 -1529

deco

musique ! musique !
haque époque a ses héros. Et il arrive qu'on en exhume opportunément des placards de l'Histoire, selon les idées dominantes du moment. C'est ce qui est arrivé au Chevalier Louis de BERQUIN. Combattant de la lutte contre l'obscurantisme des théologiens de Sorbonne, Louis de BERQUIN est LE martyr de la cause des Humanistes. Il n'est pas considéré par les Protestants comme l'un des leurs, et ne fut pas un adepte inconditionnel des idées de LUTHER, quoiqu'il en fut traducteur. Il est par contre correspondant et traducteur d'ERASME, et il est avant tout la cible et la victime des attaques de Noel BEDA, le syndic de la Sorbonne. Celui ci, chargé du combat contre les idées hérétiques enLa complainte de la Paix (Erasme) France, considèrait BERQUIN comme un propagateur de ce "désordre de la pensée". De son point de vue il n'avait pas tort. Dire que Louis de BERQUIN est un "passeur" d'idées nouvelles serait peut-être plus exact. Mais il y a entre les deux hommes plus qu'un conflit d'idée. C'est une affaire de style et de génération. Peut-être aussi de classe sociale et de pouvoir. Berquin est protègé par son amitié avec le Roi, représentant du pouvoir temporel. Beda juge et exerce son pouvoir au nom de l'Eglise et du Christ, pouvoir intemporel. BEDA n'aura de cesse de faire plier BERQUIN. Question de principe.
On trouve peu d'ouvrages sur Louis de BERQUIN. Encore moins de lui, et cela s'explique puisque les jugements successifs qui le condamnent ordonnent de brûler ses écrits. Il n'existe qu'un seul exemplaire au monde de sa traduction de la "Déclamation des Louenges de Mariage" d'Erasme. Et on ne retrouvera que 4 de ses traductions sur les treize répertoriées par les enquêteurs de la Faculté de Théologie de Sorbonne. Sombré dans l'oubli d'une Histoire expurgée par des siècles de catholicisme dominant, Il est "redécouvert" au début du vingtième siècle par des historiens, au moment où en France l'Etat se sépare de l'Eglise au nom de la LaÏcité. C'est après cette époque que ses traductions d'Erasme sont publiées en fac-similé ( illustration: "La complainte de la PAIX" d'Erasme, réédition des Editions DROZ Genève ) BERQUIN devient alors un des porte-drapeaux de la pensée laÏque républicaine au nom du combat des lumières contre l'obscurantisme religieux. On oubliait certainement qu'il fut aussi croyant que l'étaient les juges qui le condamnèrent. Mais pas de la même manière.

UN PETIT NOBLE DE FLANDRE

a date de naissance de Berquin est incertaine. Elle peut se situer entre 1480 et 1485 si on en croit le seul témoignage publié, qui est celui d'un certain Pierre DRIART, qui fut un de ses juges ("CHRONIQUE PARISIENNE" de Pierre Driart, chambrier de St Victor - voir bibliographie -) . DRIART écrit que BERQUIN est âgé d'environ cinquante ans lors de son dernier procès. La noblesse de BERQUIN ne fait pas de doute : c'est un Chevalier membre de la famille des BERQUIN-JUMELLES, de la chatellerie de Cassel en Flandres occidentales. On l'appelle parfois BERQUIN ARTESIEN, car il est originaire du diocèse d' ARRAS. Sa première carrière est celle d'un militaire. C'est dans ce costume qu'il se présente devant la faculté de théologie de Paris le 16 Mars 1532. Il est aussi Docteur en Droit, probablement de la Faculté d'Orléans, qui était la plus réputée à cette époque, et où passèrent de nombreux humanistes de renom. Il résidera dans cette ville entre 1509 et 1512. Il devient diplômé de l'Université, et ces grades sont attestés, ne serait-ce que par la condamnation qui le frappera et qui stipulera que lui seront retirés tous ses titres universitaires.. Pourquoi le retrouve-t-on à Paris ? Nul ne sait, sauf que ce mouvement est à mettre en relation avec ceux de RABELAIS, de LOYOLA et d'ERASME quelques années auparavant. Paris est la plus réputée des universités d'Europe. Réputation quelque peu dépassée, si on en croit Erasme et les Humanistes qui se succèderont, tous assis sur les bottes de pailles des cours de Sorbonne . La théologie devient son domaine d'étude. Sans doute poussé par son ancien maître en droit, BERAULT, un humaniste correspondant d'ERASME, qui connaît bien le monde des imprimeurs parisiens. Des dédicaces de Josse BADE, imprimeur et humaniste en témoignent

iblio : voir "Chroniques Parisiennes" de Pierre Driart -in " Choix de chroniques et mémoires relatifs à l'histoire de France ....." par JA. C Buchon - 1875 -
(Publicité)
page precedentepage suivante
MONTAIGNE ET LA RENAISSANCE I LYON RENAISSANCE I ACTUALITES RENAISSANCE
I MULTIMEDIA RENAISSANCE I
Mentions Légales I Devenir Sponsor ? I Publicite I I Générique
Droits de reproduction et de diffusion reservés
© Renaissance-France.Org