Biographie de Noel BEDA -le Recteur de MONTAIGU - (1/2)

Noel Beda ??


NOEL BEDA
1470 -1537

deco

musique ! musique !
éritable personnage de roman (voir le scenario Le Grand Charivari) , Noel BEDA endosserait au cinéma le rôle fondamental du meneur des forces de l'Ombre, qui vit ses passions vengeresses et castratrices, en allant jusqu'au bout de lui-même, c'est à dire jusqu'à sa propre mort. Etrangement, ce professeur de théologie, qui dirigea le Collège de Montaigu, et fut recteur de la faculté de Théologie de la Sorbonne, ne semble connu par aucun dictionnaire de langue française ! Pourtant, son influence sur le cours de l'histoire religieuse en France est loin d'être négligeable. Défenseur actif d'une tradition passéiste et quasi moyen-âgeuse de la doctrine catholique, c'est lui qui, avec Claude BARTELEMI lance en France l'anathème contre ce LUTHER “ qui ose opposer sa pensée individuelle à celle de tous ceux qui ont été avant ou viendront après lui....”
Cette citation à elle seule résume tout de l'époque, des enjeux et du personnage BEDA.

UN CARACTERE

n aurait peine à croire, en le voyant juché sur sa mule, se déplaçant dans les rues étroites et puantes du quartier Latin, que l' homme règne sur l'Europe de la pensée et de l'écrit, et que par ses jugements vengeurs il pourchasse de ses foudres tout ce qui peut s'écarter de la stricte Doctrine de l'Eglise. Il combat même le grand Erasme, au point de vouloir "corriger ses mœurs corrompus" et le qualifie "d'ignorance crasse ". Celui que les étudiants qualifient "d'Hercule de la Sorbonne", parvient pourtant à faire monter le Chevalier Louis DE BERQUIN sur le bûcher car dit-il : " Il est de foi catholique que non seulement on peut, mais on doit punir du dernier supplice les hérétiques opiniâtres”. C'est lui toujours qui s'oppose de façon systématique à François 1er, qui ose intenter un procès aux enseignants du Collège des Lecteurs Royaux, qui s'oppose à la reconnaissance par le Parlement de Paris du remariage d'Henry VIII, qui fait interdire " le Miiroir de l'âme pécheresse", le livre de Marguerite de Navarre, la sœur du Roi. Enfin, c'est lui encore qui fait jeter sur le bûcher Antoine AUGEREAU, l'imprimeur de Marguerite…
Rome a certainement une dette envers ce théologien, car c'est en partie grâce à sa constance, son acharnement et ses capacités à saisir et utiliser toutes les opportunités et les alliances, que François 1er se range finalement sous la bannière de l'Eglise traditionnelle dans la querelle qui opposait celle-ci aux Humanistes, puis à LUTHER et CALVIN, alors que l'entourage du Roi, dont sa sœur et les du Bellay le poussaient vers la Réforme et vers les princes Allemands.

UN PHYSIQUE
oici ce qu' Imbart DE LA TOUR (*) dit de BEDA : " Retors au physique (il était bedonnant, petit, bossu et boiteux ) comme au moral, mais dialecticien habile, intègre de mœurs, zélateur d'autant plus intrépide de l'orthodoxie que lui-même a été censuré pour des opinions téméraires, insensible aux attaques, indifférent aux moyens, toujours prêt à montrer les crocs contres ses collègues aussi bien que contre ses ennemis."…
Et voici ce qu'en dit Jules MICHELET : " ce BEDA, supérieur de Montaigu, chef des étudiants sans étude qu'on nommait Cappets, tribun de la gueuserie pieuse et de la république ignorantine, était roi sur sa montagne (Ste Genviève), et difficilement permettait à l'autre roi, le roi de France, de rien usurper chez lui."
Le personnage méritait donc bien qu'on s'y arrête.

UN HOMME DE CONVICTION
oël BEDA est né soit en Picardie, soit en Normandie, en 1470. Etudiant à Montaigu, aux environs de 1594, il épouse la pensée de Jean STANDONCK, sur la pauvreté et l'ascétisme issue de la "Devotio moderna". Il devient directeur du Collège de 1504 à 1514, et obtient son doctorat à la Faculté de Théologie en 1508. Dès 1521, au moment de la controverse avec LUTHER, BEDA regroupe toute la Faculté de Théologie derrière sa bannière contre les idées de la Réforme, suggérant de remettre au goût du jour l'ancienne (13ème siècle) fonction de "syndic" afin d'obtenir plus de poids. A partir de 1514 déjà, il poursuit les Théologiens qui montrent de la sympathie pour ces idées, et s'oppose de façon systématique aux Humanistes. C'est ainsi que l'évêque Guillaume BRICONNET, qui accueille des prêcheurs évangélistes à Meaux doit se soumettre. BEDA publie ses "Annotations" en 1526. C'est une attaque contre Lefèvre d’Etaples et contre Erasme. Celui-ci arrivera à faire partiellement retirer le libelle du circuit de la vente grâce à L'intervention de François 1er. Mais le texte sera très vite republié à Cologne. Son " Adversus clandestinos Lutheranos " de 1529 est de nouveau une attaque virulente contre les Humanistes, qu'il accuse de faire le lit de l'hérésie.
Mais, chose étrange, il semblerait que BEDA ait été inquiété dans sa jeunesse (voir plus haut) pour un ouvrage jugé contraire au dogme en vigueur. BEDA ex-hérétique ? BEDA un repenti ? On comprend alors mieux la violence qui l'anime.

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