L'AMOUR au 16 ème siècle - A la découverte de l'Autre - (2/2)


L'AMOUR AU XVIè SIECLE

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LE MARIAGE CONTRE L'AMOUR
es pratiques sociales font le lit de la prostitution et du viol. L'adultère est puni sévèrement en théorie, par la peine de mort, mais seules les femmes en subissent les conséquences. Le mariage apparaît donc au 16ème comme une institution économique et sociale qui broie les individus et leur aspiration à l'amour. La pièce "Romeo et Juliette" est bien une preuve que les passions amoureuses ne peuvent aboutir. HENRI 2 fait d'ailleurs plublier un Edit (1556) proclamant que les enfants ayant contracté un mariage " par une volonté charnelle " et sans le consentement de leurs parents pourront être déshérités par ceux-ci et ne pourront plus bénéficier des privilèges accordés par les loi du royaume. La pression sociale reste la plus forte.

ETAT DE LA FEMME

u Moyen Age, la femme disposait de libertés et de pouvoirs très étendus. Elle pouvait gérer sa fortune, aliéner ses biens, s'engager pour elle-même ou pour autrui par cautionnement, et même aller en justice. Ce n'est plus le cas au 16ème siècle où le père a les pouvoirs d' un tyran domestique. L'Eglise se pose toujours des questions sur l' être féminin . Certains auteurs pensent que si les premières dissections ont lieu sur des corps de femme, c'est sans doute parceque certains hommes d'Eglise estiment que la résurrection des corps au dernier jour ne concerne pas ces être imparfaits. Son éducation est sommaire, et seules les filles de la bourgeoisie de haut niveau suivent des formations. Soumises à leurs maris, les femmes de la Renaissance ne gagnent leur liberté que dans un cas : le veuvage. La femme devient alors maîtresse de ses biens et tutrice de ses enfants . "Elles ne nous aiment que morts" dit Montaigne. On comprend pourquoi. Dans ce cas, il arrive même qu'elle hérite de la qualité d'artisan de son mari et devienne "maîtresse", gérant l'atelier et ayant qualité pour embaucher des compagnons. Mais gare si elle se remarie ! Si l'homme n'est pas de la corporation, elle devra "racheter le métier". Certaines corporations la déclareront déchue de la maîtrise. On peut donc dire que pour la femme de la Renaissance le seul statut permettant une certaine liberté et la capacité d'aimer ( discrètement ) à sa guise, c'est celui de VEUVE.

IMAGES DE LA FEMME

u'elle "engoule", ou qu'elle " tende son escuelle" la femme saisit l'homme avec un apétit démesuré afin de l'épuiser et le détourner de son salut. Cette image de quasi-sorcière à l'obsessin sexuelle dévorante doit beaucoup à la répression sexuelle de l'Eglise. Elle est classique, et elle dure depuis des siècles.
Mais il en est d'autres : dans la littérature, on oscille entre la Mégère qui bat et terrorise son mari, et un être ethéré et artificiel, extraordinairement beau et inaccessible à la PETRARQUE. Christine de PISAN au 14 ème siècle avait pourtant remis les pendules à l'heure dans " L'Epitre au dieu d'Amour" qui délivrait la femme de son image de belle dame inaccessible-au-chevalier-servant. Pernette du GUILLET et surtout LOUISE LABE, toutes deux originaires de LYON vont donner d'elles une image d'amoureuses passionnées.

L'EMANCIPATION DE L'AMOUR
ar la Renaissance est un moment charnière. On découvre le DECAMERON en Italie. Une nouvelle liberté. La beauté des corps feminins s'expose en sculpture et en peinture dans tous les chateaux du Royaume. Quant aux femmes, elles osent s'exprimer ouvertement, prennent parfois des manières ou des costumes d'hommes, comme Louise LABBE, qui monte à cheval, se bat en duel, se fait appeller "capitaine Loys". Le féminisme est-il né avec elle ? Sans doute. Elle veut inciter les femmes à "passer ou égaler les hommes, non en beauté seulement, mais en science et en vertu". Et s'émanciper ce n'est pas faire la guerre aux hommes. Loin de là. Car La "Belle Cordière" les aime. Fougueusement. Et elle le dit :

" Baise m'encore, rebaise moy et baise
Donne m'en un de tes plus savoureux
Donne m'en un de tes plus amoureux
Je t'en rendrai quatre plus chaud que braise "

Ce qui est en cause à la Renaissance, c'est l'institution du mariage. Pas l'amour. Car paradoxalement on n'a jamais autant chanté l'amour sous toutes ses formes. C'est la grande affaire de tous. L'amour et la guerre sont les obsessions du siècle. Et si l'institution socio-économique du mariage se vit à cette époque comme la sujétion forcée d'un individu par un autre pour la reproduction de l'espèce et de la classe sociale, il n'en est pas de même dans l'amour, qui est échange et partage, reconnaissance de l'autre.
On comprend dés lors mieux cette étrange obsession de la relation amoureuse hors mariage.

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