L'AMOUR au 16 ème siècle - ETRE OU NE PAS ETRE TROMPE - (1/2)


L'AMOUR AU XVIè SIECLE

deco
musique !
MIGNONNE ALLONS VOIR...
n a de l'amour au seizième siècle une image sans doute édulcorée ou déformée couplepar la littérature, particulièrement celle des poètes tels que Pierre de RONSARD, Joachim DU BELLAY ou Maurice SCEVE. C'est une réalité : une certaine forme d'amour courtois semble se développer dans les couches supérieures de la population. Il est à la mode d'aimer les femmes. Il est aussi à la mode d'aimer l'amour (ce qui n'est pas la même chose). Il n'y a jamais eu autant de femmes dans l'entourage du roi que sous François 1er, et la suite de la Reine mère en compte plus de cent ! On ne prend plus les femmes à la hussarde, il est de bonne convenance de leur faire la cour. Le délit de viol est même puni de banissement ! Une sorte de reconnaissance de l'autre sexe comme partenaire et comme personne se fait jour lentement, consécutive à l'émancipation intellectuelle des femmes et à l'individualisation grandissante. Un familier de Marguerite de Navarre, femme de lettres et soeur du Roi, écrit en son honneur et pour toutes les femmes " La parfaicte Amye". C'est une tendance, un changement culturel qui touche pour le moment les élites de la cour. Cela ne doit pas faire illusion : la vie relationnelle entre hommes et femmes connaît une crise à la Renaissance. Pourquoi ?

TROMPER OU NE PAS ETRE

es oeuvres de RABELAIS devraient nous mettre la puce à l'oreille.. PANURGE dans le TIERS LIVRE puis dans le QUART LIVRE ne cesse de se poser la question du mariage et du cocuage. Sur le mariage, Panurge reprend un argument tiré d' un texte plus sérieux d'ERASME, la "DECLAMATION DES LOUENGES DE MARIAGE" traduit par BERQUIN, en 1525, qui fit sensation en son temps. Mais s'il semble se résoudre à l'idée d'être marié ( et cela ne va pas de soi ) la vraie question est d'être ou non cocu. Pour répondre à ce problème existentiel fondamental, Il consulte l'ENEIDE (de Virgile) à une page ouverte au hasard, puis LA SYBILLE, une voyante, le poète RAMINAGROBIS, le magicien HER TRIPPA, un muet. Les réponses se recoupent : si PANURGE se marie, il sera cocu, battu, volé. Or être cocu est la pire des infâmies qui puissent arriver à l'homme, et les CHARIVARIS ou les COURS CORNUELLES font des maris trompés la risée des populations. Et la tirade de sophiste sur les bienfaits du cocuage dans LE TIERS LIVRE n'y fait rien : " Si tu es cocu, ergo ta femme sera belle, ergo seras bien traité d'elle, ergo tu auras des amis beaucoup, ergo tu seras sauvé...."On apprécie l'argument imparable. Mais pourquoi cette obsession du cocuage ? Le phénomène est-il si répandu ? L'amour dans le mariage ne serait-il pas possible ? et si non, Pourquoi ?

LE MARIAGE AU SEIZIEME SIECLE

'état légal du mariage est autorisé à partir de 14 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles. Il est difficile de faire la distinction entre les lois civiles de l'époque et celles venant du système répressif de l'Eglise. Celle-ci prononce les délibérés, mais elle donne au pouvoir civil le soin d'en assumer les conséquences. La mésalliance constitue un tel scandale que Pierre MilLHARD conseille dans son "GUIDE DES CUREZ" de ne pas publier les bans dans 5 cas : Si les époux sont de grands seigneurs il est inutile de faire un contrôle - Un gentilhomme épouse une fille de moindre qualité - Un riche épouse une fille pauvre - Un homme âgé se marie avec une jeune fille - Un homme épouse une femme de mauvaise réputation.
On voit déjà tout ce que l'institution de mariage comporte de soubassement social et économique. La totale autorité des pères sur les enfants dans le choix du conjoint, l'interdiction formelle des mariages secrets (interdiction détournée par bien des nobles de la cour), l'importance de la Dot dans le contrat de mariage en font un sacrement religieux à forte consonnance matérielle.
Dans les SENTENCES de Pierre LOMBARD les raisons de se marier sont les suivantes : 1) Le souci d'avoir des enfants 2) La crainte de ne pouvoir rester chaste dans le célibat 3) Le souci de réconcilier les familles....
Soit. Mais les mauvaises raisons de se marier sont : 1) l'appât du gain , et 2) la beauté du conjoint (Gare aux coups de foudre !)
A la campagne, le mariage est quasiment une affaire de maquignonnage. Malheur à la jeune fille sans dot ! Le but avoué est d'accroître ou préserver sa terre, de produire des bras pour la ferme. Les mots utilisés pour l'acte sexuel sont explicites : on "embourre", on "fertilise", on "burine", on "sème l'avoine".
Dans l'aristocratie et la bourgeoisie, seul le fils aîné se marie. Les cadets restent célibataires et sont pourvus de charges ecclésiastiques ou militaires. Leur seule ressource est de séduire une riche héritière. Sinon, ils trouvent leur plaisir et le réconfort où ils peuvent.

(Publicité)
publicite chapitre.com

page precedentepage suivante
MONTAIGNE ET LA RENAISSANCE I LYON RENAISSANCE I ACTUALITES RENAISSANCE
I MULTIMEDIA RENAISSANCE I
Mentions Légales I Devenir Sponsor ? I Publicite I I Générique
Droits de reproduction et de diffusion reservés
© Renaissance-France.Org