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mise a jour Mer 19 jan 2005 |
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LA REINE MARGOT (1993)
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Film de Patrice CHEREAU avec Isabelle ADJANI et Daniel AUTEUIL
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L'ARGUMENT
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En août 1572. Marie de Medicis, décide que sa fille Marguerite (appelée Margot), fille du défunt roi Henri II, et soeur de Charles IX, doit épouser Henri de Bourbon (le futur Henri IV). Ce fougueux roi de la Navarre, chef des protestants à l'aura montante est potentiellement roi de France. Par sa naissance c'est un Bourbon et il descend donc de St Louis. Marguerite doit se soumettre à sa famille pour assurer la paix du royaume. Mais elle n'a que faire de ce chef de bande "huguenot", et tombe amoureuse du jeune LA MOLE. Les noces pourtant célebrées s'achèvent sur le massacre de la Saint-Barthélémy. Tous ces personnages se trouvent confrontés à un destin qui va les écraser en partie, et dans lequel se joue l'avenir du royaume de France.
On notera que c'est la quatrième version de LA REINE MARGOT réalisée au Cinéma depuis 1910.
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| LES SCENARISTES |
- La scénariste est Danièle THOMSON qui fait une belle carrière de scénariste et de réalisatrice orientée vers la comédie à succès. Elle se retrouve là dans une tragédie historique à l'antique. Et le choix de Patrice CHEREAU comme partenaire d'écriture et comme metteur en scène est parfait. Le scénario est en réalité une adaptation du livre d'ALEXANDRE DUMAS. Le dialogue que Danièle Thomson ciselle fait peu de part au mot d'auteur où au à la répartie "brillante", marque de fabrication du film historique à la française. Il se tourne efficacement vers l'action et l'information, exercice complexe où l'auteur est pris entre la nécessité de remémorer au specateur un passé lointain supposé connu, et de replacer ces personnages historiques dans une situation de stratégies personnelles. La véritable gageure etant d'arriver à les définir de telle manière qu'ils nous intriguent et qu''on se sente personnellement concerné. Là, Daniele THOMSON est aidée dans son travail par des acteurs d'une pointure exceptionnelle.
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| LES COMEDIENS |
- Isabelle ADJANII joue le rôle titre et y apparaît plus lumineuse, plus amoureuse, plus passionnée et tourmentée que jamais dans aucun de ses films. La grande comédienne de théâtre s'y (re)découvre sous la direction du grand directeur d'acteur qu'est CHEREAU. On regrettera parfois que les impératifs de l'action brident l'expression de cette intériorité ou cette émotion . Mais on ne peut oublier à la fin l'expression bouleversante de
retenue de l'héroÏne assise dans le carosse, la tête sanglante de son amant sur ses genoux. Jean Hugues ANGLADE joue un Charles IX veule, impuissant, pathétique et dominé par sa mère tel que fut sans doute l'original. Quand au jeune roi de Navarre, notre futur Henri IV, il est incarné par un surprenant Daniel AUTEUIL qu'on n'attendait pas à cette place, et qui le devient dès sa première apparition comme une évidence totale. Ici encore, on sent toute l'intelligence du casting qui est la marque du formidable métier de metteur en scène que possède Patrice CHEREAU. Et ce n'est pas fini : Virna LISI en Catherine de MEDICIS, Vincent PEREZ en La MOLE, Dominique BLANC en Henriettte de NEVERS....on ne les citera pas tous, mais c'est un sans faute magistral.
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| MISE EN SCENE |
- Film à grand spectacle,la Reine Margot l'est assurément, et on comprend vite que Patrice CHEREAU a pu obtenir de son producteur Claude BERRI des moyens que peu de films français historiques ont pu avoir avant lui. Les images sont fortes, le montage est rapide et les scènes d'action de la première partie étonnent et donnent une modernité de traitement qu'on n'attendait pas de la part d'un spécialiste du théâtre (cf : "la Dispute" de Marivaux ou "Loin d'Hagondange"..). Mais le film est long : plus de deux heures ! Après l'action historique majeure qu'est le mariage
, suivi du massacre de la St Barthélémy, on retrouve une intrigue amoureuse (presque) classique. Le film hésite alors entre la petite et la grande Histoire... tout comme nos héros hésitent eux-mêmes sur leurs propres motivations... le scénario aurait sans doute gagné à se recentrer sur une des deux options (film d'amour ou film de reconstitution Historique), quitte à oublier le roman d'origine ou l'Histoire tout court. L'intégration de l'un dans l'autre est un exercice périlleux, dont se sort à merveille le "Shakespeare in Love" (page précédente) qui lui, ne se sent aucune vocation pédagogique. Un regret encore, c'est de ne pas avoir utilisé les merveilleuses musiques d'époque en illustration sonore (on pense à Josquin DESPREZ, en particulier). Tel qu'elle est écrite par Goran BREGOVIC, c'est le seul élement du film qui fasse pencher vers une intemporalité de l'histoire. Et ce n'était pas nécessairement le bon choix. Reste que sur le plan de l'historicité, le film est une merveilleuse approche des enjeux et des personnages de l'époque. La richesse de son contenu, le travail magnifique des comédiens en font une oeuvre qui gagne à être revue à plusieurs reprises
Le Film a obtenu 5 CESARS (dont celui de la meilleure actrice pour Isabelle ADJANI )
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