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mise a jour Jeu 10 avr 2008 |
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MEDECINE ET SAVOIR AU XVIè Siècle
du 3 Avril au 7 Juillet 2008 Musee de la Renaissance - Ecouen |
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i l’on ne peut parler de « renaissance » médicale au XVI è Siècle au sens où l’on qualifie cette période de « Renaissance » artistique et culturelle, il n’empêche que le monde médical y accomplit de réels progrès, s’y incarne dans des personnalités extrêmement marquantes et opère une synthèse qui sera le terreau indispensable à l’épanouissement de sa véritable révolution au XVII è siècle.
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e monde médical de la Renaissance est naturellement marqué par celui du Moyen Age, dont il est l’héritier. La médecine est à cette époque une partie de la physica, la science du monde, étroitement liée aux domaines philosophiques et religieux. Le monde est perçu comme un macrocosme qui se reflète dans le microcosme humain. Les lois qui régissent l’un gouvernent donc l’autre et c’est au dévoilement et à la compréhension de cette création divine qu’aspire l’homme de la Renaissance. La doctrine médicale hérite de la synthèse opérée par le Moyen Age des trois grands courants de savoir qui lui étaient parvenus : la pensée antique transmise par la langue arabe, la doctrine chrétienne, la culture et la science orientales.
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’école de Salerne est l’image même de ce savoir riche de multiples origines. Fondée au VII è siècle par les moines bénédictins du Mont Cassin, dominée par les préceptes de celui que l’on considère déjà comme le père de la médecine, Hippocrate, elle s’est appliquée à assimiler ces différents apports tout au long du Moyen Age. Elle les a transmis à ses contemporains par la publication d’ouvrages emblématiques (Le Régime de Salerne ou le Petit Antidotaire Nicolas), ainsi que par un enseignement qui pose les bases de ce qu’allaient devenir les institutions médicales au début du XVI è siècle.
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a base doctrinale de la médecine de la Renaissance est la théorie hippocrato-galénique des humeurs. Elle affirme que le corps humain, microcosme à l’image du macrocosme de l’univers, est naturellement composé, comme lui, des quatre « éléments fondamentaux » que sont la terre, l’eau, l’air et le feu. Ceux-ci se caractérisent par quatre « qualités » essentielles : le chaud, le sec, le froid et l’humide. Le corps humain est en outre baigné de quatre « fluides » (les humeurs) caractérisés par deux qualités essentielles et un élément fondamental : le sang, chaud et humide est associé à l’air, le phlegme froid et humide à l’eau, la bile jaune chaude et sèche au feu, l’atrabile ou bile noire froide et sèche à la terre. Les humeurs s’harmonisent pour donner un homme en bonne santé, « tempéré ». Leur dérèglement provoque maux et maladies. Leur excès donne par exemple lieu à pléthore, leur altération à cacochymie. Aux humeurs s’ajoutent trois esprits qui mettent le corps en mouvement : l’esprit naturel qui siège dans le foie, l’esprit vital dans le cœur, l’esprit animal dans le cerveau.
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ntre la critique extrêmement virulente adressée par Montaigne aux médecins de son temps et la figure éclairée mais en proie aux démons de son siècle du Zénon de L’œuvre au Noir , il existe bien à la Renaissance une personnalité médicale complexe, pétrie simultanément d’érudition et d’empirisme, de déférence envers les Anciens et d’aspiration au progrès, qui incarne la quête de sens recherchée dans le microcosme divin que l’on considère progressivement plus comme une structure à déchiffrer et à comprendre que comme un mystère à dévoiler.
Extraits du texte introductif de Sophie DAYNES-DIALLO
Commissaire de l’exposition
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ette très intéressante exposition présente 82 objets qui vont des ouvrages de médecine et de chirurgie aux outils divers tels que des scalpels, scies d’amputation, flacons à urine, tire-balle, clystère, trépan, pélican, speculum et autres.. Des portraits de grandes figures de la médecine du Seizième siècle sont aussi présents. De grands panneaux disposés devant les fenêtres des salles donnent des explications plus précises sur les conditions et l’environnement de la pratique médicale de l’époque.
On se réjouit fortement de cette nouvelle politique d’animation du Musée par l’organisation d’expositions temporaires, mais on regrette que les salles choisies soient celles dans lesquelles sont présentées d’autres thématiques (armures, par ex) ce qui tend à brouiller considérablement le message et la cohérence du propos. De même, l’éclairage des objets, et plus encore, des panneaux explicatifs n’est pas en adéquation avec les nécessités de lecture… L’absence remarquée du Ministre de la Culture lors de l’inauguration est un indice sur l’opinion et la considération que l’Etat peut avoir de ce Musée qui manque de toute évidence de moyens.. Il est probable qu’une politique de saupoudrage et un mépris pour tout ce qui ne vit pas à Paris en arrivent à faire que la France ne possède pas LE Musée de la Renaissance qu’elle mérite. Et on ne peut que le déplorer.
Remi morel
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Note : "L'Oeuvre au noir" est un roman de Marguerite Yourcenar, paru en 1968 qui raconte la vie imaginaire d'un médecin nommé Zenon, qui parcourt les Flandres au moment des guerres d'indépendance et religieuses de la seconde moitié du XVIè |
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